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Mis à jour : il y a 44 min 52 sec

Reprendre le contrôle de ses données numériques - T. Nitot

4 Juillet, 2015 - 18:06


Titre : Reprendre le contrôle de ses données numériques
Intervenant : Tristan Nitot
Lieu : L’Échappée Volée - Paris
Date : Juin 2015
Durée : 13 min 19
Lien vers la vidéo

Transcription

Que ceux qui ont un compte Facebook se lèvent s'il vous plaît, on va faire un peu d'exercice. Ah ! C'est bienvenu ! Bien ! Écoutez-moi bien parce que ce n'est pas fini. Que ceux qui ne payent pas ce compte se rassoient, les autres restent debout. D’accord. Alors il n'y a que ceux qui n'ont pas compris qui sont restés debout.

Il y a un adage, c'est que si c'est gratuit, c'est vous le produit. Regardez, les cochons-là, vous les voyez les cochons ? Est-ce que quelqu’un peut vraiment croire que ces cochons sont les clients du fermier. Je ne vous donne pas la réponse. Mais non, parce que le client c'est celui qui consomme le saucisson, c'est celui qui achète le saucisson et qui mange le saucisson. Si vous êtes le saucisson, vous n’êtes pas le client ! D'accord ?

Applaudissements

Il y a un autre adage, c'est que les données, c'est le pétrole du 21e siècle. Évidemment, le pétrole attise les convoitises, j'en veux pour preuve, regardez cette copie d'écran quand j'ai installé l'application Facebook sur mon smartphone, avant que je ne dise non je ne le veux, parce qu'effectivement Facebook voulait me pomper, mes toutes les données de mon téléphone. Regardez : l'historique des applications, mon identité, mon agenda, mon agenda ! Non mais sérieux, pour quoi faire ? Tous mes contacts. Ils voulaient lire mes textos aussi, vous voyez. Ma position GPS, et le contenu de mes fichiers et de mes photos. Tout. J'ai dit non, mais c'est clair que Facebook veut tout pomper. Si, vraiment, mes données c'est le pétrole du 21e siècle, ces sociétés comme Facebook, Google et autres sont en train de mettre un Derrick dans mon jardin. Exemple : j'utilise Google Maps sur mon téléphone mobile, ils me pistent au mètre près. Ça, c’est mon itinéraire du 2 décembre 2014, quand je me suis promené dans Paris et je suis allé le voir sur un site Google, je n'ai pas trouvé ça dans mon téléphone, ça c'est dans les serveurs de Google, et j'ai tout l'historique, de tous les jours. Google aspire mes données, lui aussi.

Alors, ce n'est pas évident de prendre conscience de ces choses-là, parce qu'on utilise Google Maps, on utilise Facebook, comme ça en disant c'est super, c'est gratuit, qu'est-ce que c'est pratique et tout… D’accord, mais il y a un moment il faut prendre conscience qu'on échange nos données personnelles contre un service, et un service qui ne vaut même pas très cher. Il faut savoir, j'ai fait le calcul, Facebook, ça coûte 5 euros par personne et par an. C'est-à-dire que pour le prix de deux cafés, j'échange toutes mes données personnelles, en échange de quelque chose qui vaut 5 euros. Ce n'est vraiment pas beaucoup !

Alors il y a des prises de conscience, quand même, des prises de conscience qui sont souvent dramatiques parce qu'on réalise à quel point c'est une arnaque. La première prise de conscience c'était l'été dernier où des starlettes1 ont pris des photos, extrêmement intimes, d’elles-mêmes, elles prennent ça avec leur téléphone, ça reste dans le téléphone, sauf que non il y en a une copie qui est faite sur le cloud'' d'Apple ou de Google. Et là, le ''cloud, pour ceux qui ne savent pas, c'est l’ordinateur de quelqu'un d'autre.

Applaudissements

Donc dans le cloud, les photos sont piratées, et elles finissent sur Internet. Et là on réalise : « je ne comprends pas, j'ai toujours mon téléphone avec moi, comment ça se fait que les photos soient partout ? ». En plus ce sont des photos pornos, vous irez voir. Ça c’était la première prise de conscience. La deuxième prise de conscience va être amenée par Edward Snowden. En juin 2013, Edward Snowden, lanceur d'alerte qui travaillait à la NSA, donc les services secrets américains, Edward Snowden est sorti avec des wagons de Powerpoint qui expliquent comment fonctionne la NSA. Et il explique, en gros, à la NSA on veut espionner toutes les conversations téléphoniques et Internet de tout le monde. Évidemment ça coûte extrêmement cher d'écouter trois milliards de personnes, trois milliards de micros virtuels qu'il va falloir installer sur chacun de nous. Mais, Dieu merci, ça coûte trop cher, donc ils ne peuvent pas la faire. Sauf que comme on centralise toutes nos données chez Google, Facebook, Yahoo, Amazon, Apple et compagnie, en fait, il suffit de mettre cinq mégas micros chez ces cinq grosses sociétés et vous avez accès aux données de tout le monde. Et donc, en fait, cette concentration, cette centralisation des données Internet, elle permet, elle rend économiquement possible la surveillance de masse

Alors, la surveillance de masse, on s'en fout, on est des gens bien, des citoyens honnêtes, on ne fait rien de mal, bon, sur la feuille d’impôts, parfois, mais sinon, non ! Alors je vais vous expliquer que ce n'est pas tout à fait le cas. Je vous présente ma famille, soigneusement floutée pour l'occasion, j'en suis néanmoins extrêmement fier. Donc Bénédicte au centre mon épouse, Philippine et Robin, mes enfants. Je suis très fier d'avoir fait ces enfants avec ma femme, seulement je vous le dis tout de suite, je ne vais pas rentrer dans les détails. On a deux enfants, on assume, ils sont dans le cadre de la famille, etc, mais on ne dit pas exactement comment on les a faits, au point d'ailleurs qu'on a mis des rideaux dans notre chambre à coucher, pour être sûrs que les détails ne fuitent pas. De la même façon, je suis sûr que vous avez un loquet à votre porte des toilettes, très probablement. Vous ne faites rien d'illégal dans vos toilettes, normalement, eh puis c'est chez vous, mais il y a quand même un loquet à votre porte de toilettes. Et puis il y a ceux qui ont changé de métier. Moi j'ai changé de job récemment, j'ai envoyé des CV, ce n’était pas illégal, mais je n’avais pas très envie que mon patron soit au courant. Bref, chacun de nous a des choses à cacher, qui ne sont pas forcément des choses illégales, mais on a besoin de secret.

La semaine dernière, au Sénat, ou plutôt cette semaine, on est samedi, a été votée une loi, un projet de loi sur le renseignement, qui était déjà passé à l'Assemblée nationale ; et, dans ce projet de loi, il y a quelque chose d’extrêmement inquiétant, il y a la mise en place, noir sur blanc, de quelque chose qu'on a appelé dans les débats les boîtes noires. Les boîtes noires, ça surveille Internet, pas tout Internet tout le temps, mais ça surveille des pans entiers de l'Internet. Donc, en fait, quand elles seront mises en place, autorisées par la loi, on sera sous surveillance. C'est ce qu'on appelle une société panoptique. Alors qu'est-ce que c'est que le panoptique ? Voici une prison, qui est une prison panoptique. C'est une prison qui existe réellement, elle est à Cuba, grand pays démocratique que connaît notre président. Et donc on a cette prison, vous voyez, les cellules sont concentrées sur l'extérieur du bâtiment et au centre il y a une tour, une tour où se trouve le gardien, et, il y a une porte, bon, qui a disparu depuis le temps, mais le gardien peut être là ou ne pas être là, mais il peut observer toutes les cellules quand il le décide. Et, du coup, les prisonniers se tiennent à carreau, ils ont une attitude conforme à ce qu'on attend de leur part, parce qu’ils savent qu'à tout instant ils peuvent être surveillés. Ça a été inventé par les frères Bentham, au 19e siècle, en Angleterre et les Bentham disaient : « Mais attendez, c'est génial, parce que même quand le gardien part pisser, les prisonniers se tiennent toujours à carreau. C'est formidable. Des économies de personnel, vous n'imaginez même pas quoi ! ». Donc vous avez un gardien pour surveiller tout le monde et même s'il n'est pas là, ça continue de marcher.

Donc le fait qu'on soit surveillé a un impact sur notre comportement. Et ça, c'est compliqué parce que quand on grandit, en tant qu'enfant qui devient adulte et même, on espère, citoyen, eh bien on apprend en faisant des erreurs, en inventant des trucs un peu à la con, on apprend en inventant des choses qui ne sont peut-être pas politiquement correctes et puis, après, on les regrette ou on ne les regrette pas, mais comme de toutes façons on n'est pas observé, on peut se permettre de les imaginer. Mais si on m'ose plus les imaginer parce qu'on se sait surveillé, eh bien, en fait, on fabrique une société de clones, une société où la création, la créativité deviennent impossibles parce qu'on n'ose pas. Voilà toute la problématique liée à cette société panoptique.

Cette société panoptique, en fait, elle fait partie d'une démarche, une vision de la société assez effrayante qu'on retrouve dans le film Minority Report, où on essaye d’arrêter les gens avant qu'ils ne fassent des crimes. Et, idéalement, quand ça réussit vraiment bien la société panoptique où on a surveillé tout le monde, on n'arrête que des innocents, c'est formidable ! C'est extraordinaire… Surtout en film !

Alors, la vraie question c'est qu'est-ce qu'on fait ? Puisqu'on donne toutes nos données à des géants, qui du coup sont espionnés par les États, on rend possible cette société panoptique. Évidemment, la première chose c'est « j'arrache le câble Ethernet de mon PC et je coupe le wifi ». Ce n'est pas la solution que j'ai retenue. Il y a un potentiel fabuleux avec la technologie et il ne faut pas pour autant se passer de la technologie, il faut juste inventer un futur différent qui est celui qu'on veut pas celui qu'on voudrait bien nous laisser.

Alors, il y a un certain nombre de principes, en fait, pour réinventer pour redécentraliser Internet, principes qui vont nous permettre, donc, d'avoir toujours les services du cloud'', mais des ''clouds personnels, donc un ordinateur qui m'appartient, à moi, pour de vrai. Le premier de ces principes c'est redevenir client, accepter de payer. L'homme a une fascination pour la gratuité, c’est difficile, mais, moi, franchement je suis prêt à payer 5 euros pour avoir l'équivalent d'un service de Facebook, mais garder mes données personnelles. Donc premièrement redevenir client. C'est le premier principe.

Deuxième principe, du matériel que je contrôle. Idéalement ce matériel, il est chez moi. Ça existe, aujourd'hui, des PC qui sont tout petits, qui valent quelques dizaines d'euros, le Raspberry Pi 2 pour ne pas le citer, qui vaut, je crois, 35 euros, il pourra rajouter une alimentation, etc. Donc. pour moins de 100 ou 200 euros, on a, vraiment, un ordinateur personnel qu'on peut laisser chez soi, qu'on connecte à sa box ADSL, avec un disque dur, où sont stockées nos données qui nous appartiennent et donc sur lesquelles on a le contrôle.

Pour cet ordinateur, il faut du logiciel, et il faut du logiciel qui soit libre, qu'on appelle aussi de l'open source. Pourquoi ? Parce que ce logiciel il doit être sûr qu'il fait ce qu'il dit qu'il fait. Ce n'est pas un truc, une boîte noire qui refile mes données à l'extérieur. Non ! Je veux être sûr que ce logiciel soit auditable, que je comprenne, que je puisse le modifier, que j'ai le contrôle dessus. Et donc, c'est du logiciel libre.

Ensuite il faut que mon accès à Internet et mes connexions soient toutes sécurisées, chiffrées, cryptées comme on dit parfois, pour être sûr que mes données ne sont pas interceptées et modifiées quand je me connecte à Internet depuis cette machine.

Et puis enfin, il faut une ergonomie avancée. C’est-à-dire que ça ça va marcher, cette décentralisation d'Internet, si jamais on arrive à faire des trucs vraiment sexys, vraiment sympas à utiliser, et pas un truc de geeks avec des fils qui dépassent de partout et des commandes à taper, en ligne de commande, avec des écrans vert sur fond noir. Non ! Ça, ça ne marche pas. Il faut vraiment un truc qui soit beau, qui soit facile. On branche, ça marche et c'est génial.

Bon, alors je sais, que ça paraît bien utopique. Qu'est-ce qu'on peut faire face à des Google et des Facebook et compagnie ? Ce n'est pas facile. Et pourtant, on l'a déjà fait. Moi j’ai donné 17 ans de ma vie à ce projet, Mozilla, qui fait Firefox. Ça paraissait hallucinant à l'époque quand on disait on va faire un logiciel, avec des bénévoles et on va aller botter les fesses de Microsoft qui a le monopole sur les navigateurs. C'est vrai que ce n’était pas gagné. On a réussi à le faire, à force d'acharnement, et de créativité et de collaboration. Donc c'est possible. Aujourd'hui, il y a des tas de systèmes comme cela qui vont vous remplacer Facebook, qui vont vous remplacer des data centers, qui vont vous remplacer Google Search , qui vont vous remplacer Dropbox, etc. Ils existent ces systèmes. Ils existent, ils ne sont pas encore parfaits, ils sont encore un peu compliqués, ils ne sont pas forcément finis, mais ils existent.

Alors ce que je vous demande c'est de les essayer, c'est que nous, technologues, on les améliore pour en faire quelque chose de vraiment bien, pour éviter qu'on ne finisse tous en saucisson du numérique.

Applaudissements.

Le rapport TTIP au Parlement européen les 8 et 9 juillet : appelons les eurodéputés à refuser l'ISDS

3 Juillet, 2015 - 16:20

Après un report de dernière minute en juin, le rapport de Bernd Lange sur le TTIP (Transatlantic Trade and Investment partnership, Partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement) devrait finalement être débattu puis voté les 8 et 9 juillet 2015. Les groupes politiques ont en effet annoncé être arrivés à un compromis pour mettre en place une nouvelle version du mécanisme de règlement des différends (ISDS). L'April regrette qu'une fois de plus la solution qui s'imposait, à savoir la suppression de ce type de mécanisme, n'ait pas été retenue et appelle les eurodéputés à voter contre ce texte.

Pour plus d'information, vous pouvez également consulter l'analyse du compromis par Touchstone (en anglais).

Lettre d'information publique de l'April du 1er juillet 2015

1 Juillet, 2015 - 16:33

Bonjour,

De nombreux dossiers, sur tous les fronts, notamment au niveau des accords internationaux en cours de négociation. Ainsi, un nouvel article dans TiSA (Accord sur le commerce des services) interdirait la priorité au Logiciel Libre. Du côté de TAFTA, la France propose un emplâtre sur une jambe de bois au sujet des mécanismes de règlement des différends. Concernant ce texte, des dissensions internes dans les différents partis au Parlement européen ont conduit au report du débat et du vote sur le rapport TAFTA de l'eurodéputé Bernd Lange.

Toujours sur le front européen, les propositions anti-DRM ont été massacrées lors du vote du rapport Reda en commission. Le vote en plénière est prévu pour le 9 juillet 2015. D'autre part, la Cour de justice de l'Union européenne va devoir se prononcer sur la vente forcée ordinateur/logiciels.

En France, le projet de loi renseignement a été adopté par le Parlement. Prochaine étape : le Conseil constitutionnel.

Dans le même temps, le CNNum (Conseil national du numérique) rendait son rapport « Ambition numérique » qui énonce de nombreuses recommandations. Nous encourageons le gouvernement à inscrire dans le futur projet de loi numérique, certaines recommandations spécifiques. Frédéric Couchet, notre délégué général, a profité de cet événement pour poser une question sur le dossier « avis CADA/code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt ».

À la rentrée aura lieu le Festival francophone des communs 2015 dont l'April est partenaire.

La lettre d'information est également l'occasion de présenter une vidéo sur les actualités de l'April ainsi qu'un petit bilan de l'April Camp de Toulouse.

Deux importants événements approchent : les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL) à Beauvais ; l'Université d'été du développement de logiciel libre et open source à Digne-les-Bains. Nous avons notamment besoin de personnes pour nous aider à tenir notre stand aux RMLL à Beauvais (du 4 au 10 juillet) ne serait-ce que quelques heures ; si vous êtes disponible, n'hésitez pas. Merci de vous inscrire sur le wiki.

Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une trentaine d'articles.

Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

TiSA: l'accord commercial qui interdirait la priorité au Logiciel Libre

Le 27 mai 2015, une nouvelle version fuitée de TiSA (Trade in Services Agreement, Accord sur le commerce des services) a été publiée. TiSA est un accord commercial international actuellement négocié en secret par 5O pays, dont l'UE et les États-Unis. Dans cette version, un article empêche explicitement un État de donner la priorité au Logiciel Libre.

De nombreuses recommandations du Conseil national du numérique à entériner dans le projet de loi numérique

Le 18 juin 2015, le gouvernement a dévoilé sa stratégie numérique. À cette occasion, le Conseil national du numérique a également remis son rapport « Ambition numérique ». Ce dernier présente, dans ses propositions, notamment la recommandation de donner la priorité au logiciel libre dans la commande publique, priorité que l'April encourage le gouvernement à inscrire dans le futur projet de loi numérique.

toc_collapse=0; Sommaire 
  1. TiSA: l'accord commercial qui interdirait la priorité au Logiciel Libre
  2. De nombreuses recommandations du Conseil national du numérique à entériner dans le projet de loi numérique
  3. Dossiers, campagnes et projets
    1. Projet de loi renseignement adopté : le Conseil constitutionnel, dernier rempart de nos libertés ?
    2. Les propositions anti-DRM massacrées dans le vote du rapport Reda
    3. Report du vote sur le rapport TTIP : vers ACTA 2.0 ?
    4. TAFTA/TTIP : la France propose un emplâtre sur une jambe de bois
    5. Question aux ministres sur l'avis CADA / code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt
    6. La vente forcée ordinateur/logiciels devant la Cour de justice de l'Union européenne
    7. L'April partenaire du Festival francophone des communs 2015
    8. Actualités de l'April du 24 juin 2015
  4. Médias
    1. Revue de presse
  5. Conférences, événements
    1. Événements à venir
    2. Événements passés
  6. Vie associative
    1. Stage vidéo du 1er juillet au 31 août 2015
    2. Petit bilan de l'April Camp de Toulouse
    3. Revue hebdomadaire
    4. Adhésions
  7. Soutenir l'association
  8. Rejoindre l'association à titre individuel
  9. Rejoindre l'association en tant que personne morale
  10. Archives
Dossiers, campagnes et projets Projet de loi renseignement adopté : le Conseil constitutionnel, dernier rempart de nos libertés ?

Après le Sénat le 23 juin, l'Assemblée nationale a adopté définitivement le 24 juin 2015 le projet de loi renseignement, entérinant ainsi la surveillance de masse. Le Conseil constitutionnel doit désormais se prononcer sur la constitutionnalité du texte et sur sa validité face au respect de nos libertés fondamentales.

Les propositions anti-DRM massacrées dans le vote du rapport Reda

La commission des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen a détruit par voie d'amendements la plupart des mesures sur les DRM du rapport Reda sur le droit d'auteur, avant d'adopter le rapport à une large majorité.

Report du vote sur le rapport TTIP : vers ACTA 2.0 ?

Le débat et le vote sur le rapport TAFTA/TTIP1 du 10 juin 2015 avaient finalement été reportés sine die par la présidence du Parlement européen. L'April appelle les eurodéputés à refuser clairement et une bonne fois pour toute ce type d'accord et demande à l'Union européenne l'arrêt complet des négociations. Lors d'une réunion de la commission du commerce international le 29 juin 2015, les eurodéputés ont décidé que les amendements seront soumis au vote en session plénière du Parlement européen, pendant la session de juillet ou de septembre.

TAFTA/TTIP : la France propose un emplâtre sur une jambe de bois

Mathias Fekl, secrétaire d'État au commerce extérieur, a présenté les propositions de la France pour une réforme des mécanismes de règlement des différends dans les accords internationaux (TAFTA, CETA) actuellement en cours de négociations. L'April regrette une fois de plus que l'existence, pourtant inutile, de ces mécanismes ne soit pas remise en cause.

Question aux ministres sur l'avis CADA / code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt

Par un avis en date du 8 janvier 2015, la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a rendu un avis favorable à la communication du code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt sur les revenus des personnes physiques. Depuis cette date, rien n'a bougé du côté de la direction générale des finances publiques. À l'occasion de la présentation de la stratégie numérique du gouvernement le 18 juin 2015, Frédéric Couchet, délégué général de l'April a pu poser une question aux ministres présents.

La vente forcée ordinateur/logiciels devant la Cour de justice de l'Union européenne

Le jeudi 25 juin 2015, la Cour de cassation a posé une question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne sur la vente forcée ordinateur/logiciels. L'April suivra avec attention la réponse de la Cour de justice européenne, qui pourra enfin clarifier le droit et faire respecter les droits des consommateurs.

L'April partenaire du Festival francophone des communs 2015

L'April fait partie des partenaires du Festival francophone des communs qui aura lieu du 5 au 18 octobre 2015, et se propose d'organiser au moins un événement.

Actualités de l'April du 24 juin 2015

Magali Garnero, François Poulain et Luc Fievet présentent les actualités de l'April dans une vidéo de 8mn37. Médias Revue de presse

La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte ici) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers des articles qui vous semblent intéressants.

La revue de presse est désormais diffusée également chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

Cette revue de presse est commentée dans un podcast disponible sur http://audio.april.org. Il est repris chaque semaine dans l'émission Divergence numérique qui est diffusée sur Divergence FM, Radio Escapade, Radio Larzac. Le podcast est également diffusé sur Radio Ici&Maintenant et Radio Au fil de l'eau.

Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

Les derniers titres de la revue de presse :

Un Petit guide revue de presse est disponible pour ceux qui souhaitent contribuer.

Voir la page revue de presse sur le site pour le détail des articles.

Conférences, événements Événements à venir Événements passés Vie associative Stage vidéo du 1er juillet au 31 août 2015

L'April accueille Ethel de Sousa pour un stage vidéo du 1er juillet au 31 août 2015. L'un des thèmes de son stage est la réalisation/montage de courtes vidéos sur les RMLL (voire d'un reportage de 20/30 minutes) en se basant des interviews.

Petit bilan de l'April Camp de Toulouse

Du 19 au 21 juin 2015 a a eu lieu un « April Camp » à Toulouse. Cette édition a été sympa avant tout pour l'aspect humain, les rencontres avec les libristes de la région. Il y a eu entre 10 et 25 personnes présentes. Les discussions ont porté sur les sujets d'actualités et certains dossiers. On a pu traiter des micro-tâches. Une réalisation du camp est la finalisation du sous-titrage en de notre vidéo sur livres électroniques et DRM (version en anglais et la version en français).

Un grand merci à Ekito qui a hébergé le camp et à Laurent Guerby qui s'est occupé de l'organisation sur place.

Il est fort probable que le prochain camp se déroule les 5 et 6 décembre à Paris (les semaines qui précédent cette date sont déjà chargées en événements), je dois voir pour la disponibilité du lieu. Et au printemps 2016 un camp à Lyon par exemple ou ailleurs (en fonction des propositions).

Revue hebdomadaire

Chaque vendredi à midi pile les adhérents et les permanents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite idées et contributions, permet de suivre les activités des autres et d'éliminer un certain nombre de problèmes bloquants...

Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 5 juin mai 2015, la synthèse de la revue du 12 juin 2015, la synthèse de la revue du 19 juin 2015, la synthèse de la revue du 26 juin 2015.

Adhésions

Au 1er juillet 2015, l'association compte 4 226 adhérents (3 814 personnes physiques, 412 personnes morales).

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Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

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Revue de presse de l'April pour la semaine 26 de l'année 2015

29 Juin, 2015 - 18:39

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 26

[L'OBS] Je suis tombé dans l’univers parallèle des «crypto-parties»

Par Marc Meillassoux, le dimanche 28 juin 2015. Extrait:
> Ces rencontres hackers-débutants peuvent rebuter par leur langage ésotérique: mais elles sont précieuses pour partager des outils de cryptographie et sécuriser les connexions internet, mails, docs et périphériques.
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/28/suis-tombe-lunivers-parallele-crypto-parties-259995

[ITespresso] Vente liée ordinateur-logiciel: la Cour de cassation demande l'arbitrage de l'Europe

Par la rédaction, le vendredi 26 juin 2015. Extrait:
> Sur demande de la Cour de cassation française, la Cour de justice de l’Union européenne devra se prononcer que la réalité de pratiques commerciales déloyales dans le cadre de la vente liée d’ordinateur et de logiciels.
Lien vers l'article original: http://www.itespresso.fr/vente-liee-ordinateur-logiciel-cour-cassation-demande-arbitrage-europe-99893.html

Et aussi:
[Silicon.fr] Logiciels préinstallés: la Cour de cassation demande à l’Europe de trancher

Voir aussi:
La vente forcée ordinateur/logiciels devant la Cour de justice de l'Union européenne

[Le Mag numérique] Richard Stallman à Rennes pour clôturer Jardin Entropique

Par Anthony Chénais, le vendredi 26 juin 2015. Extrait:
> Breizh Entropy Congress et Jardin Numérique fusionnent pour créer un événement sur le numérique et la liberté, Jardin Entropique.
Lien vers l'article original: http://www.lemag-numerique.com/2015/06/richard-stallman-a-rennes-pour-cloturer-jardin-entropique-7601

Et aussi:
[Le Telegramme] Jardin Entropique: rencontres autour du numérique et de la liberté

[Next INpact] Le CNNum invite le gouvernement à donner la priorité aux logiciels libres

Par Xavier Berne, le mardi 23 juin 2015. Extrait:
> Le moins que l’on puisse dire, c’est que le rapport remis jeudi à Manuel Valls, et qui se présente comme le fruit de plus de cinq mois de concertation citoyenne, prend clairement position en faveur du logiciel libre. Dans le sillon d'un précédent rapport sénatorial, le Conseil national du numérique préconise en effet de «mobiliser le levier de la commande publique pour mettre en avant des exigences d’interopérabilité, de standards ouverts et d’accès au code source».
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/95515-le-cnnum-invite-gouvernement-a-donner-priorite-aux-logiciels-libres.htm

Et aussi:
[Silicon.fr] ODF seul format bureautique: la France tiendra-t-elle bon?
[Silicon.fr] «Open Source contre propriétaire, un faux débat»
[ZDNet France] Standards ouverts dans l'administration: le CNLL soutient l'interopérabilité
[Le Monde Informatique] Le projet de loi sur le numérique rendu public en juillet

Voir aussi:
De nombreuses recommandations du Conseil national du numérique à entériner dans le projet de loi numérique

[Numerama] Loi Renseignement: un recours citoyen de 120 pages dévoilé!

Par Guillaume Champeau, le mardi 23 juin 2015. Extrait:
> La Quadrature du Net, l'association French Data Network (FDN) et la fédération FDN ont rendu public mardi un projet d'argumentaire de 120 pages qui sera envoyé au Conseil constitutionnel pour lui permettre de limiter la portée du projet de loi Renseignement.
Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/magazine/33489-loi-renseignement-un-recours-citoyen-de-120-pages-devoile.html

Et aussi:
[L'OBS] Loi renseignement avant/après: petits mieux et grandes vacheries
[Next INpact] Loi Renseignement: la saisine constitutionnelle du président de la République
[Next INpact] Loi Renseignement: comment le gouvernement a trucidé les lanceurs d'alerte
[Next INpact] Loi Renseignement: les non-résidents mieux protégés, les lanceurs d'alerte beaucoup moins
[Libération.fr] Loi renseignement: ils ont dit non

Voir aussi:
Projet de loi renseignement adopté: le Conseil constitutionnel, dernier rempart de nos libertés?

[Next INpact] Le gouvernement prêt à saper l'Open Data sur les données de transport

Par Xavier Berne, le lundi 22 juin 2015. Extrait:
> Alors que le Premier ministre promettait jeudi d’inscrire les principes de l’Open Data dans la loi, son gouvernement a soutenu dans le même temps un amendement à la loi Macron qui permettra aux sociétés de transport de s’exonérer des obligations de diffusion initialement voulues par le législateur. La SNCF, Air France ou la RATP pourront en effet signer des codes de bonne conduite prévoyant entre autre le paiement de redevances.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/95504-le-gouvernement-pret-a-saper-open-data-sur-donnees-transport.htm

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Question aux ministres sur l'avis CADA / code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt

29 Juin, 2015 - 09:38


Par un avis en date du 8 janvier 2015, la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a rendu un avis favorable à la communication du code source du logiciel simulant le calcul de l'impôt sur les revenus des personnes physiques. Depuis cette date, rien n'a bougé du côté de la direction générale des finances publiques (DGFiP). À l'occasion de la présentation de la stratégie numérique du gouvernement le 18 juin 2015, Frédéric Couchet, délégué général de l'April a pu poser une question aux ministres présents.

Titre : Question / CADA et code source simulation impôts
Intervenants : Frédéric Couchet - Emmanuel Macron - Axelle Lemaire
Lieu : Remise du rapport "Ambition numérique" CNNum - Paris
Date : Juin 2015
Durée : 04 min 10
Lien vers la vidéo

Transcription 55'15

Frédéric Couchet : Bonjour. Frédéric Couchet, Délégué général de l'April, Association de Promotion et Défense du Logiciel Libre, j'ai une question très précise à Emmanuel Macron. Début janvier la CADA, la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, a donné son feu vert à la communication du code source de simulation de l’impôt. Un citoyen avait fait cette demande. La DGFiP avait refusé. Il a saisi la CADA, la CADA lui a donné un avis favorable. Or, depuis, comme l'a révélé Nextinpact, il y a à peu près un mois, le fisc refuse de donner cet accès à ce code source. Alors j'ai un peu de mal à comprendre : d'un côté on diffuse OpenFisca, logiciel de simulation de calculs sociaux, qui est une très bonne chose, mais d'un autre côté, visiblement, les services du fisc refusent de suivre l'avis de la CADA, sur la mise à disposition du code source du simulateur des impôts, qui n'est autre que quoi ? Un algorithme qui implémente des données publiques, évidemment, la règle fiscale.

Rires du public

Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique : Alors, pour éviter toute ambiguïté, je ne suis pas le ministre des impôts, donc, je vais vous répondre par voisinage avec mon collègue Michel Sapin et Christian Eckert. Mais, on va regarder la chose. Je pense, qu'en tout cas, il doit y avoir une partie de sensibilité dans l'algorithme pour qu'il ne soit pas transmis, mais, tout le travail qui est fait en continu et qui sera poursuivi à travers le projet de loi numérique, c'est bien celui de la mise à disposition de tout ce qui doit l’être, et de l'open data. Et donc, non seulement des données elles-mêmes, mais des algorithmes sous-jacents, partout où c'est possible de le faire. On a commencé à le faire dans les transports, on continuera, Axelle le disait, en matière de travail, de social, partout où c'est possible, parce qu'il y a des contraintes aussi, qui sont liées à la CNIL et à la protection des libertés.

Pour la question très précise que vous évoquez, on va se retourner vers les services fiscaux, et je vais transmettre à mon collègue Michel Sapin, pour, très précisément, savoir ce qui explique que nous n'avons pas respecté cet avis de la CADA. Mais je pense qu'il y a une bonne raison.

Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique : En fait, le directeur de la DGFiP, le directeur général des finances publiques, est très au fait de cette décision. Il travaille, d'ailleurs, en coordination avec la CADA pour adapter, en interne, l'offre informatique à cette décision. Donc, moi, il m'a donné l'assurance que c’était une question d'adaptation et de temps. Dans le projet de loi numérique, nous modifierons les missions de la CADA, la Commission d'Accès aux Documents Administratifs, qui a été crée en 1978, et qui doit, certainement, avoir un rôle plus important dans l’ouverture des données publiques. J'en profite pour relever le fait que la stratégie introduit l'idée de créer des données d’intérêt général. C'est un nouveau type de données juridiques, qui n'existe pas jusqu'à présent. On se rapproche de la notion de communs, de biens communs et Internet, au niveau mondial, devrait être un bien commun, qui ne peut pas être approprié ni par des États, ni par des entreprises privées. Eh bien, nous allons mettre en œuvre cette notion de biens communs en créant cette notion d’intérêt général dans le droit français.

La vente forcée ordinateur/logiciels devant la Cour de justice de l'Union européenne

26 Juin, 2015 - 17:47

Le jeudi 25 juin 2015, la Cour de cassation a posé une question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne sur la vente forcée ordinateur/logiciels. La cour de Luxembourg se prononcera donc dans les prochaines semaines sur cette pratique. L'April attend avec impatience une décision qui pourrait confirmer le caractère déloyal de l'obligation d'acheter des logiciels quand on acquiert un ordinateur sur le marché grand public.

Dans le cas d'espèce, un consommateur voulait acquérir un ordinateur Sony d'un modèle particulier, mais ne pouvait pas le faire sans avoir à acheter un système d'exploitation ainsi que plusieurs logiciels qui étaient pré-installés sur la machine. Il a donc exigé le remboursement de ces logiciels devant le tribunal, ce qui lui avait été refusé en appel.

La Cour de cassation ne se prononce pas sur le fond, mais considère qu'il s'agit d'une vraie question de droit, qui doit être traitée par les juridictions européennes afin que la directive 2005/29 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs s'applique de la même manière dans toute l'Union.

Les questions auxquelles la Cour de Justice européenne aura à répondre sont les suivantes :

1°) les articles 5 et 7 de la directive 2005/29 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur doivent-ils être interprétés en ce sens que constitue une pratique commerciale déloyale trompeuse l’offre conjointe consistant en la vente d’un ordinateur équipé de logiciels préinstallés lorsque le fabricant de l’ordinateur a fourni, par l’intermédiaire de son revendeur, des informations sur chacun des logiciels préinstallés, mais n’a pas précisé le coût de chacun de ces éléments ?

2°) l’article 5 de la directive 2005/29 doit-il être interprété en ce sens que constitue une pratique commerciale déloyale l’offre conjointe consistant en la vente d’un ordinateur équipé de logiciels préinstallés, lorsque le fabricant ne laisse pas d’autre choix au consommateur que celui d’accepter ces logiciels ou d’obtenir la révocation de la vente ?

3°) l’article 5 de la directive 2005/29 doit-il être interprété en ce sens que constitue une pratique commerciale déloyale l’offre conjointe consistant en la vente d’un ordinateur équipé de logiciels préinstallés, lorsque le consommateur se trouve dans l’impossibilité de se procurer auprès du même fabricant un ordinateur non équipé de logiciels ?

L'April suivra avec attention la réponse de la Cour de Justice européenne, qui pourra enfin clarifier le droit et faire respecter les droits des consommateurs.

Projet de loi renseignement adopté : le conseil constitutionnel, dernier rempart de nos libertés ?

25 Juin, 2015 - 12:10

Après le Sénat le 23 juin, l'Assemblée nationale a adopté définitivement le 24 juin 2015 le projet de loi renseignement, entérinant ainsi la surveillance de masse. L'April regrette que l'adoption se soit faite à une large majorité malgré les dangers du texte, qui plus est au moment des révélations de l'espionnage américain dont ont été victimes les trois présidents de la République en fonciton de 2006 à 2012.

L'April s'était opposée au projet de loi et avait appelé à agir contre la surveillance de masse. Cependant, et malgré la mobilisation citoyenne, le Sénat et l'Assemblée nationale ont adopté le texte à une très large majorité. Cela est d'autant plus paradoxal qu'au même moment, Libération et Mediapart révélaient que les présidents français, ainsi que de nombreux services de l'État, avaient été espionnés par les États-Unis ces dernières années. Mais la découverte de cette surveillance de certains n'a pas empêché les parlementaires de voter la surveillance de tous.

Le Conseil constitutionnel doit désormais se prononcer sur la constitutionnalité du texte et sur sa validité face au respect de nos libertés fondamentales. La Quadrature du Net, French Data Network et la Fédération FDN ont déposé un mémoire citoyen récapitulant les dangers du texte pour nos libertés.

Actualités de l'April du 24 juin 2015

24 Juin, 2015 - 01:02

Actualités de l'April du 24 juin 2015

Informations


Magali Garnero, François Poulain et Luc Fievet
vous présentent les actualités
de l'April du 24 juin 2015

  • Titre : Actualités de l'April du 24 juin 2015
  • Intervenants : Magali Garnero, François Poulain et Luc Fievet
  • Réalisation : Luc Fievet
  • Licences : Gnu FDL 1.3 ou ultérieure, CC-by-SA 2.0 ou ultérieure, Art Libre 1.3 ou ultérieure
  • Durée : 8 mn 37 s
  • Média : NouvellesApril150623.webm (57,1 Mo)
  • Logiciels utilisés : Kdenlive pour le montage vidéo et Inkscape pour le générique

Revue de presse de l'April pour la semaine 25 de l'année 2015

22 Juin, 2015 - 20:41

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 25

[ZDNet France] Descente dans les forges des "makers"

Par Frédéric Charles, le samedi 20 juin 2015. Extrait:
> Cette semaine GreenSI a visité un des lieux des "makers", Usine IO, une forge de l'ère numérique, où on réinvente la fabrication.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/descente-dans-les-forges-des-makers-39821154.htm

[Silicon.fr] Open Source et administration: le CCNum rallume l’incendie

Par Reynald Fléchaux, le vendredi 19 juin 2015. Extrait:
> Dans son rapport Ambition Numérique, le Conseil national du numérique préconise de donner la priorité au logiciel libre dans l’administration. Syntec Numérique et Afdel sont vent debout contre une proposition qui, à leurs yeux, sent un peu la naphtaline.
Lien vers l'article original: http://www.silicon.fr/open-source-administration-ccnum-rallume-incendie-119578.html

[madmoiZelle] «Faut-il apprendre à coder aux enfants?», une conférence pertinente sur une problématique d’actualité

Par Sarah Bocelli, le jeudi 18 juin 2015. Extrait:
> À l’occasion de la sortie de Scratch pour les Kids, un manuel d’initiation informatique, les éditions Eyrolles et Mozilla ont organisé une conférence autour d’un thème d’actualité: faut-il apprendre à coder aux enfants?
Lien vers l'article original: http://www.madmoizelle.com/apprendre-coder-enfants-conference-382905

[UP] Ordis partagés, ordis libérés!

Par Jeanne La Prairie, le jeudi 18 juin 2015. Extrait:
> Les logiciels libres, gratuits, créés par des communautés de chercheurs et de passionnés, permettent à certains d'accéder à l'informatique. Rencontre avec les geeks activistes qui luttent contre le gâchis et la précarité numérique en redonnant vie aux vieilles machines.
Lien vers l'article original: http://www.up-inspirer.fr/magazine/150618401-ordis-partages-ordis-liberes

[Contrepoints] Le mouvement du logiciel libre: sentinelle des libertés en ligne

Par Farid Gueham, le mercredi 17 juin 2015. Extrait:
> «Il faut alerter vos sénateurs contre le flicage généralisé!» Richard Sallman
Lien vers l'article original: http://www.contrepoints.org/2015/06/17/211181-le-mouvement-du-logiciel-libre-sentinelle-des-libertes-en-ligne

[L'OBS] Axelle ma sœur Axelle, ou la lente gestation de la loi sur le numérique

Par Andréa Fradin et Rémi Noyon, le mercredi 17 juin 2015. Extrait:
> Manuel Valls présente ce jeudi la «stratégie numérique» de la France. L’un des aspects devrait être la loi Lemaire. Cela fait des mois qu’on l’attend. Why darling?
Lien vers l'article original: http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/17/axelle-soeur-axelle-lente-gestation-loi-numerique-259787

Et aussi:
[Le Monde.fr] Le gouvernement présente sa stratégie numérique pour la France
[cio-online.com] Clotilde Valter succède à Thierry Mandon à la Réforme de l'Etat
[Le Point] L'opération séduction de Valls envers les internautes
[L'OBS] Valls: «Le monde est numérique, l’Etat ne peut être observateur»
[L'OBS] Et Manuel Valls amputa la «République numérique» d’un sein
[L'OBS] «La simplification, la simplification», hurlaient les députés
[ouest-france.fr] Brest saura bientôt si elle est French tech...

[ITespresso] Futur en Seine 2015: carrefour du crowdfunding et des monnaies virtuelles

Par Clément Bohic, le mercredi 17 juin 2015. Extrait:
> Quels sont les marqueurs de Futur en Seine 2015? Finance 2.0, robotique, impression 3D, crypto-monnaies, objets connectés…Petite visite sur place.
Lien vers l'article original: http://www.itespresso.fr/futur-en-seine-2015-carrefour-crowdfunding-monnaies-virtuelles-98958.html

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

De nombreuses recommandations du Conseil national du numérique à entériner dans le projet de loi numérique

22 Juin, 2015 - 14:18

Paris, le 22 juin 2015, communiqué de presse.

Le 18 juin 2015, le gouvernement a dévoilé sa stratégie numérique. À cette occasion, le Conseil national du numérique a également remis son rapport « Ambition numérique ». Ce dernier présente, dans ses propositions, notamment la recommandation de donner la priorité au logiciel libre dans la commande publique, priorité que l'April encourage le gouvernement à inscrire dans le futur projet de loi numérique.

Le rapport « Ambition numérique »1 contient 70 propositions dont certaines retiennent particulièrement l'intérêt de l'April. Ainsi la priorité au logiciel libre dans la commande publique, l'abaissement des barrières techniques et contractuelles à l'interopérabilité et le renforcement du droit à la rétroingénierie d'un logiciel existant sont regroupées sous l’appellation « ouvrir et maintenir des passerelles entre grands écosystèmes concurrents » (page 69).

De même, une place importante est donnée aux communs et à la promotion des pratiques collaboratives et de la réciprocité. Notons également le rappel au fait de ne pas déroger au principe du recours au préalable à une autorité judiciaire de mesures de blocage de sites ; l'importance d'établir un régime de protection des lanceurs d’alerte clair et effectif ; le déploiement des pratiques de chiffrement des données (avec le recours systématique à des logiciels libres pour l'enseignement à l'école du chiffrement des communications) ; l'ouverture par défaut des données publiques ; l’interopérabilité dans l'Éducation nationale…

Sur la base de ce rapport, le gouvernement a présenté sa stratégie numérique2 qui vise, selon les propos du Premier ministre Manuel Valls, « à faire de la France une République numérique ». Cette stratégie se décline en 14 axes, parmi lesquels la libre diffusion et la publication des données de recherche, la mise en œuvre du plan numérique pour l'éducation, la confirmation dans la loi des principes d'accès et de réutilisation, de manière libre et gratuite, des données publiques, l'inscription dans la loi d'une définition claire de la neutralité du net.

La place du logiciel libre est trop modeste dans cette stratégie. La « promotion active des licences libres » est citée dans le dossier de presse mais semble ne concerner que les résultats de la recherche. Dans une page du site dédiée à la stratégie il est indiqué que « Le Gouvernement portera une attention particulière aux développements en source ouverte et entend promouvoir le développement et l'utilisation des logiciels libres, domaine dans lequel la France est un des pays les plus actifs au monde. Ainsi, sur certains marchés très largement dominés par certains éditeurs de logiciels, cette évolution pourrait permettre à l’industrie européenne de regagner des positions de premier plan » et sur une autre page il est écrit que « l'utilisation de logiciels libres sera encouragée en poursuivant la logique de la circulaire du 19 septembre 2012. ». Mais aucune action précise n'est annoncée. D'autres recommandations du Conseil national du numérique, pourtant à considérer, ne sont pas mentionnées (promotion du chiffrement, place du juge dans le blocage des sites, rétroingénierie…).

« Le logiciel libre est l'incarnation informatique de notre devise républicaine, "Liberté, Égalité, Fraternité". Nous encourageons le gouvernement à suivre la recommandation du Conseil national du numérique concernant la priorité à donner au logiciel libre dans la commande publique » a déclaré Frédéric Couchet, délégué général de l'April.

« Quand le gouvernement évoque "certains marchés très largement dominés par certains éditeurs de logiciels", une première action concrète serait de mettre un terme à l'aveuglement sur les contrats de type "Open Bar" avec Microsoft » poursuit Frédéric Couchet.

Au final, la stratégie du gouvernement ne présente que peu de nouveautés, et alors que le projet de loi renseignement est sur le point d'être voté définitivement par le Parlement, l'April reste préoccupée au sujet des politiques que le gouvernement compte effectivement mener.

L'April appelle le gouvernement à prendre en compte les propositions mises en évidence ici et lui demande de donner toute sa place au logiciel libre dans le projet de loi numérique que va présenter Axelle Lemaire, Secrétaire d'État chargée du numérique.

  • 1. Le rapport intégral, tout comme une synthèse, sont disponibles sur le site du Conseil national du numérique. Ce rapport contient 398 pages et 70 propositions, regroupées en 4 volets (loyauté et liberté dans un espace numérique en commun; vers une nouvelle conception de l'action publique : ouverture, innovation, participation ; mettre en mouvement la croissance française : vers une économie de l'innovation ; solidarité, équité, émancipation : enjeux d'une société numérique
  • 2. Un dossier de presse de 28 pages est disponible sur le site du gouvernement ainsi qu'une page La République numérique en actes

L'April partenaire du Festival francophone des communs 2015

20 Juin, 2015 - 14:12

L'April fait partie des partenaires du Festival francophone des communs qui aura lieu du 5 au 18 octobre 2015, et se propose d'organiser au moins un événement.

Le « réseau francophone autour des communs », lancé en 2012, organise un festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 2015. L'April, déjà partenaire de l'édition de 2013 dont l'intitulé était« Villes en Biens Communs », participera à l'édition 2015.

Selon le site du festival « Les communs désignent l’activité des communautés qui s’organisent et se régulent pour protéger et faire fructifier des ressources matérielles ou immatérielles, en marge des régimes de propriété public ou privé. Zones urbaines transformées en jardins partagés par les habitants, savoirs versés dans l’encyclopédie Wikipedia par des millions d’internautes, cartographie OpenStreetMap nourries par les utilisateurs, savoirs traditionnels, logiciels libres, science ouverte, publications en libre accès, pédibus scolaires, système d’irrigation agricole partagé, semences libres, contenus éducatifs ouverts, échanges de savoirs, justice participative… Les initiatives fleurissent qui inventent des manières créatives et solidaires de générer, gérer et partager des ressources et les communs apparaissent comme source d’alternatives ».

Apéro April le 26 juin 2015 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)

17 Juin, 2015 - 12:21
Début: 26 Juin 2015 - 19:00Fin: 26 Juin 2015 - 22:00 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Exceptionnellement l'apéro a lieu le même jour que celui de nos amis de LQDN, il faudra choisir ou enchaîner :)

Quand et quoi

Le prochain apéro aura lieu le 26 juin 2015 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

Glou/Apéro Lolica/April le 18 juin 2015 à partir de 18h00 à Reims

17 Juin, 2015 - 12:17
Début: 18 Juin 2015 - 18:00Fin: 18 Juin 2015 - 18:00 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance avec le logiciel libre et l'April, d'échanger, de partager le verre de l'amitié et manger ce qui l'accompagne. C'est aussi l'association et de discuter sur l'actualité et les actions de l'April.

Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas ; novice ou amateur d'informatique. N'hésitez pas à venir nous rencontrer : la liberté informatique ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas !

Quand et où ?

L'association Lolica (logiciel libre en Champagne Ardenne) a la gentillesse de nous permettre de partager leur Glou du 18 juin 2015 à Reims pour faire un Glou-Glou1 Lolica/April.

L'apéro aura lieu le 18 juin 2015 à partir de 18h00 au Grand Comptoir 2 cours de la Gare 51100 Reims (l’entrée se situe dans la gare sur la gauche)

  • 1. «GLOU» c'est le bruit que fait le liquide quand il descend entre deux discussions sur les libertés et la technologie.

Les propositions anti-DRM massacrées dans le vote du rapport Reda

16 Juin, 2015 - 15:28

Paris, le 16 juin 2015. Communiqué de presse.

Aujourd'hui la commission des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen a détruit par voie d'amendements la plupart des mesures sur les DRM du rapport Reda sur le droit d'auteur, avant d'adopter le rapport à une large majorité. Des paragraphes cruciaux ont été éliminés.

Le rapport original avait été salué par l'April comme un premier pas important pour le rééquilibrage du droit d'auteur au niveau européen, surtout concernant les DRM et l'interopérabilité. Ce rapport avait cependant été fortement critiqué, et de très nombreux amendements avaient été déposés pour le vider de ses propositions les plus intéressantes. La plupart de ces amendements, qui portaient sur les sujets qui concernent l'April, comme les DRM, ont été adoptés, rendant ainsi le rapport Reda beaucoup plus inconsistant.

Cette tendance a été particulièrement marquée avec le paragraphe 24, qui faisait dépendre la protection juridique des DRM de la publication de leur code source ou des spécifications d'interfaces, visant à créer un véritable droit à interopérer avec les mesures techniques. Ce paragraphe a été tout simplement supprimé.

« Avec le paragraphe 24, l'intention de Julia Reda était de créer un droit effectif à l'interopérablité des mesures techniques », conclut Frédéric Couchet, délégué général de l'April. « Malheureusement, "grâce" à Jean-Marie Cavada et à d'autres eurodéputés, ce paragraphe a été effacé. Contrôler, imposer des restrictions, enfermer sont des méthodes qui continuent de convenir aux eurodéputés, restés incapables de proposer des façons d'améliorer la proposition initiale sur les DRM ».

Une analyse plus détaillée du rapport, notamment sur les autres points, sera publiée prochainement par l'April.

Conférence "April point d'étape" à Pas Sage en Seine

16 Juin, 2015 - 11:11
Début: 21 Juin 2015 - 17:00Fin: 21 Juin 2015 - 18:00

Véronique Bonnet et Luc Fievet présenteront dimanche 21 juin de 17 à 18 heures l'actualité des actions de l'April lors de Pas Sage en Seine.

Cet événement est organisé pour la 7ème fois par Bearstech et Numa Paris en partenariat avec Mediapart et Le Monde. L'entrée est libre, gratuite et ouverte à toutes et tous.

Revue de presse de l'April pour la semaine 24 de l'année 2015

15 Juin, 2015 - 16:22

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 24

[e-RSE.net] Exposition artistique sur l’Open Source: les logiciels libres facteurs de développement durable

Par Marie Gerault, le vendredi 12 juin 2015. Extrait:
> Du 20 juin au 18 octobre 2015, l’association COAL présente Open Source, deuxième exposition de sa trilogie Think global, Act local au CEAAC de Strasbourg. L’exposition explore un changement majeur des valeurs occidentales contemporaines et présente un ensemble de pratiques créatives, entre ironie et activisme. L’écologie derrière nos écrans.
Lien vers l'article original: http://e-rse.net/exposition-art-open-source-logiciels-libres-developpement-durable-12494

[lesoir.be] Internet: grande victoire pour les défenseurs de la vie privée

Par Alain Jennotte, le jeudi 11 juin 2015. Extrait:
> La Cour constitutionnelle belge a annulé la loi sur la conservation des données internet qui imposait la conservation massive des activités en ligne.
Lien vers l'article original: http://www.lesoir.be/904798/article/economie/2015-06-11/internet-grande-victoire-pour-defenseurs-vie-privee

[TV5Monde] Culture: quand le logiciel libre s'empare des œuvres artistiques

Par Pascal Hérard, le jeudi 11 juin 2015. Extrait:
> Un film d'animation produit à l'aide de logiciels libres et offert à la planète entière, des musiciens qui livrent leurs morceaux gratuitement sur Internet... Qui sont ces nouveaux artistes qui promeuvent de nouveaux modèles de partage de biens culturels, à l'opposé du droit d'auteur?
Lien vers l'article original: http://information.tv5monde.com/info/culture-quand-le-logiciel-libre-s-empare-des-oeuvres-artistiques-37998

[Le Monde.fr] Traité transatlantique: le Parlement européen se divise et reporte son vote

Par Claire Gatinois, le mercredi 10 juin 2015. Extrait:
> Machine à fantasmes et source d'inquiétudes, le projet de traité de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis sème la pagaille à Strasbourg.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/10/traite-transatlantique-le-parlement-europeen-se-divise-et-reporte-son-vote_4650809_3234.html

Et aussi:
[Politis.fr] TTIP: le naufrage des sociaux-démocrates

Voir aussi:
Report du vote sur le rapport TTIP: vers ACTA 2.0?

[L'Etudiant Autonome] Loi Renseignement: Brace yourself, Winter is coming...

Par François-Xavier Cornillet, le mercredi 10 juin 2015. Extrait:
> Hier, le Sénat a suivi l’avis de l’Assemblée Nationale, en votant la Loi Renseignement à 252 pour et 67 contre. Pour référence, l’Assemblée Nationale avait voté à 438 pour et 86 contre.
Lien vers l'article original: https://letudiantautonome.fr/loi-renseignement-1006

[usine-digitale.fr] Pour Axelle Lemaire, "deux ans pour faire aboutir un projet de loi, c’est trop long"

Par Emmanuelle Delsol, le mercredi 10 juin 2015. Extrait:
> Les 6e rencontres parlementaires pour l’économie numérique se tenaient le 10 juin à Paris. Outre le défilé un peu trop long d’expertises non contestables dans le domaine, la ministre Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, a rappelé sa feuille de route. Non sans que Benoît Thieulin, président du CNNum ne critique la façon dont les politiques continuent de traiter le numérique.
Lien vers l'article original: http://www.usine-digitale.fr/article/pour-axelle-lemaire-deux-ans-pour-faire-aboutir-un-projet-de-loi-c-est-trop-long.N334854

Et aussi:
[Next INpact] Statut de l'hébergeur: le gouvernement réformera ou ne réformera pas?

[Le Telegramme] Centre des Abeilles. Mille ordinateurs redistribués

Par la rédaction, le lundi 8 juin 2015. Extrait:
> Et de 1.000! C'est le nombre total d'ordinateurs redistribués par le Centre des Abeilles et Linux Quimper depuis le début de cette opération, fin 2009. Samedi matin, au Centre des Abeilles, cette barre symbolique a été franchie avec la redistribution gratuite d'une quinzaine d'ordinateurs déclassés et reconfigurés.
Lien vers l'article original: http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/penhars/centre-des-abeilles-mille-ordinateurs-redistribues-08-06-2015-10657800.php

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

Éthique du libre : une lecture philosophique - Véronique Bonnet

13 Juin, 2015 - 15:58


Description

Titre : Éthique du libre : une lecture philosophique
Intervenant : Véronique Bonnet
Lieu : Ubuntu Party - Paris
Date : Mai 2015
Durée : 1h 01 min 13
Lien vers la vidéo

Transcription

Déjà, je vais vous remercier beaucoup d'être là. Je vais essayer de faire un bon usage de votre temps et de votre confiance. Je remercie la puissance invitante. Ça fait la deuxième fois que je participe, par une conférence, à une Ubuntu Party et je trouve que c'est un lieu d'ébullition, c'est un lieu d’effervescence, et je suppose que vous le ressentez comme tel.

Je vais commencer mon propos par une sorte de présentation de l'expérience qui est la mienne. Je ne suis pas du tout informaticienne, mais alors vraiment pas du tout. J'ai fait des études de philosophie, grâce à une Grande Ecole. Actuellement je prépare des étudiants aux concours des Grandes Ecoles et je vais vous dire par quel contexte, alors, c'est vrai, familial, sans mon ado, je serais passée complètement à côté du Logiciel Libre. J'ai découvert, il y a deux ans, ces communautés, cette démarche, qui a parlé immédiatement à moi qui suis très attachée à la philosophie des Lumières, et qui suis très attachée à ce qu'est à la base de la philosophie des Lumières, c'est-à-dire l’humanisme.

Alors, vraiment, plus grand des hasards, parce qu'il m'arrivait d’écrire des livres de philosophie très classiques (N.d.C. ceci m'arrive encore), il y a deux ans, j'écrivais un livre sur ce qu'on appelle les phénomènes émergents, par exemple, j’avais écrit sur la bimbo, sur l'apéro géant, sur le kikoolol, et j'avais envie d'écrire sur le hacker, parce que c’était vraiment, pour moi, une figure de l'astuce, une figure de l'inventivité. Et j'écrivais, donc, ces croquis à partir de problématiques de philosophes classiques. Et je sais que, pour le hacker, j'avais pensé à un philosophe très hacker, c'est-à-dire Leibniz. Vous avez un philosophe qui s'appelle Leibniz, qui est un penseur des futurs contingents : Est-ce qu'il aurait été préférable que ce scénario se produise plutôt que tel autre ? Et c'est vrai que celui que Leibniz appelle le théos, le voyant, le théos ça veut dire voyant en grec- est celui qui essaye de calculer quel est parmi tous les mondes possibles, le meilleur des mondes possible. Et donc j’avais tenté une analogie entre Leibniz et la figure du hacker. Et là, mon ado, donc là je parle, nous sommes le jour de la fête des mères, je regrette qu'il n'y ait pas de fête des fils, parce que sans lui je serais restée dans mes « mes grimoires »,(sic), j'aurais peut-être un petit peu développé mes grimoires, mais je ne me serais pas plongée dans ces situations très intenses, très polémiques, puisque l'actualité est chargée.

Et donc mon ado me dit « si tu veux vraiment comprendre ce que c'est que le hacker, essaie de regarder une conférence de Richard Stallman ». C'est vrai qu'il m'a harcelée pendant deux mois, parce que, voilà, j'avais des choses à vérifier chez Leibniz, chez Platon, etc, et je n’avais absolument pas le temps de regarder cette conférence de Stallman. Et quand je l'ai fait, alors je me rappelle très bien, c'était en plein été, j’avais mon ordi qui ne me quittait pas parce que j'avais une chose à rédiger, à finir, et j'ai cliqué sur le lien, et là, j'ai vu quoi ? J'ai vu, non pas un informaticien - je savais que c’était un mathématicien émérite, je savais qu'il avait travaillé au laboratoire d’intelligence artificielle de MIT - et là, je vois qui ? Je vois quelqu'un qui s'exprime non pas sur des détails techniques-pratiques – il est préférable de faire intervenir tel type de langage, parce que si tu veux obtenir ça, alors tu pourras optimiser. Pas du tout. Là j'entends quelqu'un qui parle d'autonomie, qui parle de respect, de respect de l’utilisateur qui doit pouvoir faire ce qu'il veut, qui doit pouvoir faire fonctionner son informatique exactement comme il veut. Quelqu'un qui va essayer de respecter son voisin s'il lui demande de lui faire un partage de tel ou tel code qu'il a écrit, maîtrise du patrimoine, ce patrimoine tout à fait immatériel, qui s'appelle l'échange. Et je vois quelqu'un qui répond avec humour à des apprentis informaticiens, inquiets, qui lui disent « oui mais si je fais de l'informatique libre comment est-ce que je vais manger ? ». Et RMS qui répond « avec ta bouche » et qui lui explique, qu'effectivement, si on veut se situer dans un idéalisme pragmatique - on en parlera tout à l'heure - alors, eh bien il faut peut-être s'interdire de verrouiller, il faut peut-être s'interdire de cautionner des démarches qui sont privatrices. Et donc je suis surprise, et donc j'écoute cette conférence. C’était une conférence à Bruxelles qu'il avait faite l'année d’avant.

J'écoute cette conférence absolument jusqu'au bout, j'écoute les deux heures, j'écoute les questions. Et à la rentrée, alors la rentrée c’était la rentrée 2013, il y avait les trente ans du projet GNU et Richard Stallman venait à Paris, et donc, je me rends à cette conférence de Richard Stallman. C’était à Télécom ParisTech. Richard Stallman dont j'avais parlé dans une conférence que j'avais faite la semaine précédente, puisque j'avais fait une conférence sur l'étrangeté, une conférence philosophique, et là il me semblait que Richard Stallman, que sa référence à une pratique réfléchie de l'informatique, pas à n'importe quel prix, pas à n'importe quelle condition, on n'a pas à en rabattre de sur l'exigence d'autonomie, il me semblait que ce mouvement pouvait très grandement contribuer à nous sortir de cette léthargie, à nous sortir de cette sorte d'anesthésie de l'Internet qui souffre de cette étrangeté d'absence d’étrangeté. L'étrangeté d'absence d'étrangeté parce qu'il n'y a pas de pas de côté, il n'y a pas de recul, il n'y a pas de remise en question.

Alors je me rends à cette conférence de Richard Stallman à France Télécom, à, pardon, à Télécom ParisTech, voilà, le lapsus est là, puisqu'il s'agit d'une conversion, parce que jusque là mon univers c'était les outils non libres, c'était toute le galaxie donc des Orange, des Google et autres GAFAMs, et c’était sa conférence sur Free Digital Society, Une société numérique libre, où là, il oppose ce qu'il nomme ce qui est pratique et ce qui est respectueux de l’être humain. Donc j'assiste à cette conférence, je pose des questions. Je pose une question à Richard Stallman, je lui demande quel est son philosophe préféré. Je rends compte de cette expérience, je commence à écrire, je publie un premier article sur Richard Stallman, Rousseau et Kant sur le Framablog. Je décide que, vraiment, ce mouvement est tellement essentiel qu'il est important d'en rendre compte, et c'est vrai que mes outils à moi, qui ne suis pas informaticienne, ce sont les outils de la philosophie, et donc, je mets en chantier quelque chose qui est en train de se prolonger, quelque chose qui va bientôt aboutir, c'est-à-dire un livre sur Richard Stallman et sur l'éthique de l'espace numérique.

Alors j'ai dit quelle était mon expérience. J'ajoute que grâce au « Premier samedi du libre », grâce à ce lieu très important pour des gens qui, comme moi, n'ont aucune idée au départ, on me conseille, au « Premier samedi du libre », d'aller voir le site de l'April. Donc je rejoins l'April. Je commence à faire des conférences - j'ai rejoint le bureau, le Conseil d'administration de l'April en février dernier - et j'ai eu la chance, parce que, donc, il m'est arrivé d'héberger plusieurs fois Richard Stallman, j'ai eu la chance de pouvoir parler avec lui, notamment de ce de quoi je vais vous parler maintenant, qui est la question de l'éthique du Free Software, éthique qui, peut-être, est plus qu'une éthique. Une éthique qui, peut-être, va plus loin, parce que la notion d'éthique, dans la perspective philosophique qui est la mienne, est une notion qui est plus opératoire que vraiment morale. Et donc, le but de cette communication d'aujourd'hui, c'est de vous montrer pourquoi dans le Free Software - voilà, cette référence très importante- je vais essayer de vous montrer comment le Logiciel Libre est peut-être une éthique qui est plus qu'une éthique.

Pour le faire d'une façon assez simple, je vais commencer par - donc ça c'est mon projet, c'est mon propos d’aujourd’hui - je vais vous rappeler quelles sont les définitions de l'éthique et de la morale Je croyais qu'il n'y avait, en anglais, qu'un seul terme qui était ethics, qui rabattait un peu les deux sens du français vers une seule notion. Pas du tout, puisque donc, Richard Stallman m'a dit lui-même qu'il y avait, en anglais, un terme qui était 'morality, qu'on ne pourrait pas traduire par notre moralité à nous, mais qui fait intervenir une notion beaucoup plus exigeante, la notion de faire son devoir, ce qui est assez proche du sens français.

Je vais procéder en trois temps. Premier temps, je vais faire ce petit rappel définitionnel de l'éthique et de la morale. Qu'est-ce qu'on appelle comme ceci ou qu'est-ce qu'on appelle comme cela ? Deuxième temps, je vais essayer de vous montrer, à partir de quatre textes de Richard Stallman, que le mouvement dit GNU, le mouvement du projet GNU, le mouvement du Free Software, que l'on traduit en général par Logiciel Libre, qu'on pourrait traduire aussi bien par informatique libre, -en tout cas l'April dont je suis membre, dit plutôt Logiciel Libre- je vais essayer de vous montrer comment le Free Software relève plutôt que d'une éthique pure et simple – ça marche, je ne me fais pas de mal, je ne me fais pas de tort – relève, en réalité, d'une éthique qui est plus qu'une éthique. C'est vrai que c'est un peu gênant de dire, dans le contexte contemporain, moral, parce que ça ressemble à du moralisme, ça ressemble à du catéchisme, à une chose qui serait imposée du dehors. Pas du tout. Je vais vous montrer que cette éthique, qui est plus qu'une éthique, est une loi, donnée à soi par soi, de ne pas abaisser l'humain, ni dans l'autre, ni en soi-même. Et enfin, si je n’ai pas abusé de votre patience, je vous montrerai comment, en effet, on peut rapprocher de l'éthique du Free Software deux mouvements philosophiques, le mouvement qu'on appelle le mouvement des Lumières, et l'humanisme. Alors, c'est vrai, plutôt l'humanisme au sens de Sartre, l'humanisme existentialiste, mais aussi l'humanisme de la Renaissance, qui en est la racine.

Je vais commencer par essayer -donc plusieurs documents, là- pour vous expliquer la différence, en philosophie, entre l'éthique et la morale. Je dirais que l'un des pères fondateurs de l'éthique c'est Aristote. Aristote qui a écrit « L’Éthique à Nicomaque ». Vous avez ici un tableau, c'est une fresque, en réalité, qui se trouve au Vatican. Vous avez une fresque, extrêmement célèbre, qui s'appelle « L'École d'Athènes ». C'est de Raphaël. Donc Raphaël a représenté la totalité des propositions philosophiques de l'Antiquité autour de deux figures-clés, d'une part Platon, d'autre part Aristote. Je vais vous montrer un gros plan. Voilà. Alors facétieux, ce Raphaël, parce que Raphaël s'est peint en Aristote et il a peint Platon en Léonard de Vinci. Il a reconnu un platonisme chez Léonard de Vinci et il a perçu, en lui, une forme d'aristotélisme.

Ce qui nous intéresse, aujourd’hui, il y a un qui pointe le doigt vers le ciel, c'est évidemment Platon, parce que ce qui l'intéresse c'est de contempler pour contempler, alors que Aristote, lui, il ouvre la paume de sa main vers la terre. C'est-à-dire, il entend bien faire des figures, des nombres, des formes abstraites qu'il aura contemplées, il compte bien en faire un outil pour investir la terre, pour habiter la terre, et concevoir, à partir de cela, des artefacts, des objets fabriqués, des pratiques. Comment faire pour fabriquer une belle cité ? Comment faire pour fabriquer un beau navire ? Comment faire pour concevoir une belle tragédie ? Alors là c'est vraiment la clef de ce que je veux vous dire de l'éthique : il tient dans la main « L’Éthique à Nicomaque » et dans cette « Éthique à Nicomaque » - son fils naturel donc, Nicomaque - il va expliquer à Nicomaque comment s'y prendre pour vivre en bas, là. Pas seulement regarder de temps en temps vers le haut, comment vivre en bas, comment assumer le « ici-bas » d'une façon rationnelle, d'une façon optimale, en essayent d'éviter l'excès et le défaut. C'est-à-dire que dans « L’Éthique à Nicomaque », qu'est-ce que c'est qu’être courageux ? Eh bien, si tu veux être courageux, il faut éviter la lâcheté, mais il faut aussi éviter la témérité. Comment être un convive charmant ? Si tu veux être un convive charmant il faut éviter d’être taciturne, mais en même temps il faut éviter de faire le bouffon, parce que si tu fais le bouffon, personne ne continuera à t'écouter.

Et donc, si vous comprenez bien, l'éthique c'est une démarche qui essaie de concevoir des seuils entre l'excès et le défaut. Ce n'est pas du tout une morale, c'est simplement une tentative pour éviter d'endommager sa vie, pour éviter aussi d’abîmer les rapports avec les autres, l'amitié, pour éviter de mal gérer, si on est stratège, une bataille. C'est simplement des dispositifs qui essaient de tirer les meilleurs effets possibles d'une situation. C'est un peu, si vous voulez, une casuistique. C'est du cas par cas. C’est-à-dire que Aristote, il se conçoit comme étant dans le cambouis du réel. Comme le réel est un capharnaüm, comme c'est un cambouis pas possible, alors on va y mettre les mains, mais à certaines conditions. Il ne faudra pas qu'on fasse n'importe quoi, parce que, si on fait n'importe quoi, s’il y a de l'excès ou du défaut, ça va nous revenir en pleine figure et on aura perdu.

Donc, si j'avais à définir l'éthique, et Aristote le fait dans « L’Éthique à Nicomaque », c'est une démarche qui est prudentielle. Prudence. La prudence qui consiste à bien calculer avant de faire un choix, parce qu'on sait bien que, le choix, il est irréversible. On sait bien que choisir quelque chose met à mort tout ce qu'on n'a pas choisi. Et tout ce de quoi ce qu'on n'a pas choisi était condition. Et donc, il faut faire tellement attention, qu'il y a ce qu'on appelle une éthique. Ethos ça veut dire les mœurs, une éthique c'est une tentative d’être efficace dans ses comportements, sans qu'il y ait, en aucune sorte, la référence à un respect de l'autre. Il n'y a pas de référence à un respect de l’autre, il y a simplement une référence à une optimisation et à une efficacité.

Ça va se poursuivre comme ça. Dans l'Antiquité, vous connaissez peut-être l'école stoïcienne. Là vous avez un portrait d'un stoïcien qui était, en même temps, un empereur, Marc-Aurèle, qui a gouverné à Rome. Même chose, les « Pensées » de Marc-Aurèle sont une éthique et pas une morale. Ce qu'essaye de faire cet empereur, qui est en même temps chef de guerre, qui en même temps donc fait la guerre aux Daces, par exemple, c'est qu'il essaie, dans ses rapports avec des amis, dans ses rapports avec les hauts dignitaires de l'empire, et dans ses rapports avec lui-même, de ne pas se faire mal. Éviter de subir des dommages. Je donne un exemple. Qu'est qu'on lit dans les « Pensées » de Marc-Aurèle ? On lit une chose comme : celui-là t'a bousculé au gymnase, que faire ? Est-ce que tu vas, pour autant, renoncer à aller au gymnase parce qu'il y en a un qui t'a bousculé ? Non, tu vas éviter celui-là avec bienveillance. Donc, tu vas aller au gymnase, tu vas l'éviter avec bienveillance. Il est peut-être possible que tu l'évites avec un sourire, avec bienveillance, peut-être que, non seulement, il arrêtera de te bousculer, tu ne te mettras en danger, mais en plus, tu lui donneras envie de te parler, peut-être ! Là on essaie d’être opérationnel, on essaie, dans l'incertitude du réel, de se comporter de façon à subir le moindre mal et à obtenir le plus grand bénéfice. C’est un calcul risque  /  bénéfice, l'éthique.

L'école rivale, mais qui finalement dit la même, chose, sauf que ce n'est pas la même physique, -la physique des Épicuriens est une physique du vide, le monde est vide - : dans le monde il y a des atomes qui se composent, qui se décomposent, et donc si le monde est vide - là vous avez une représentation d’Épicure, le maître de l'Ecole - alors, tu peux t'avancer dans le monde sans crainte, puisque le monde est également vide de dieux, et comme le monde est vide de dieux, alors il ne t'arrivera rien. Toujours la perspective : qu'est-ce je risque ? Qu'est-ce que je tente ? Qu’est-ce qui va m'arriver si je risque ça plutôt que cela ? Et donc, quel est le meilleur choix possible? Là on est vraiment dans le cadre d'une éthique.

Tout ceci, jusqu'à un autre qui a écrit aussi une éthique, et c'est peut-être la dernière ; bon c'est peut-être la dernière avant des éthiques commerciales dont je parlerai, et dont vous devinez le nom, le dernier à écrire une éthique, c'est un certain Spinoza. « L’Éthique » de Spinoza. Alors il l'écrit more geometrico, il l'écrit « à la manière des géomètres ». Ça veut dire qu'il pose une proposition. Il regarde à quel contexte, à quel lemme cette proposition est associée, et vu le lemme, alors il déduit quelque chose.

Ce que je vais faire est scandaleux, je vais essayer de vous dire à quoi revient « L’Éthique » de Spinoza. Ça revient à faire l'hypothèse qu'il est préférable de se laisser aller à des passions augmentatives. Si tu consens à être joyeux, alors tu vas bouger, alors tu vas être actif, et si tu es actif, tu vas être encore plus joyeux et tu seras encore plus actif et encore plus joyeux, etc. Alors que se laisser aller à des passions tristes, si tu te refermes sur toi, si tu te replies, alors tu vas être inerte, tu vas te laisser faire par les autres et donc tu seras de plus en plus triste, et de plus en plus triste, etc. Là vous voyez bien qu'on est dans une mise en balance des options, on est dans une sorte d'aide à la décision, on essaie de savoir, tout simplement, par un calcul, ce qui est préférable. Il n'y a toujours pas de référence à une loi qui ferait qu'on devrait faire attention à son autonomie à soi, qu'on devrait faire attention à l'autonomie des autres. Il n'y a pas encore ces considérations-là.

Alors, quel est le saut ? Ce qui m'a fait penser immédiatement qu'il y avait dans le projet GNU une forte analogie avec la philosophie des Lumières ? Peut-être que le premier, peut-être que le premier - voilà- à quitter les considérations prudentielles, les considérations du calcul de risque pour quelque chose qui n'a rien à voir : chez Rousseau ça s'appelle la pitié. C'est au 18e, ça n'a pas encore tout à fait le sens qui sera le nôtre. Pitié, on pourrait dire aussi bien sympathie, c'est-à-dire que l’être humain ressent, en lui-même, un quelque chose, une voix, qui fait qu'il va ressentir ce que l'autre ressent, qu'il va éprouver, il va goûter ce qui l'amène à appartenir à la communauté des sujets. Et là, vous vous dites qu'une autre dimension se lève, une autre dimension s'installe.

Grand lecteur de Rousseau, Kant, et c'est là qu'il y a une dissociation décisive entre l'éthique et la morale : « Critique de la Raison Pratique » de Kant, qu'il dissocie, exprès, de la « Critique de la Raison Pure ». Dans l'Antiquité, si je veux être bon, il faut que je sois intelligent. Si je suis intelligent, je verrai bien que si je fais du mal à l'autre, eh bien, je risque d'avoir du mal aussi. Donc, si je suis intelligent, je serai bon. Pas du tout chez Kant : dissociation. Qu’est-ce que c'est que la morale ? C'est écouter la voix du devoir. Le devoir, on va retrouver cette forme-là dans les textes de Richard Stallman que je vais vous montrer, le devoir c'est une forme de « je dois ». Si je ne veux pas abîmer mon humanité, « je ne peux pas ne pas ». Si mon voisin me demande telle aide, je ne peux pas ne pas, même si ce n'est pas avantageux. Et là, vous avez donc une dissociation entre ce qui est optimal, ce qui est avantageux, et ce qui est moral. C'est une éthique qui est plus qu'une éthique. C'est une morale.

La parenté la plus extrême, je la proposerai tout à l'heure, en conclusion, c'est vrai qu'il y a un petit texte très fort de Kant qui s'appelle « Qu'est-ce que les Lumières ? », et quand vous lisez « Qu’est-ce que les Lumières ? », vous avez l'impression qu'il s'agit - eh bien - de parler du Libre. Il s'agit de s'opposer, simplement, à des mécanismes, soit commerciaux, soit simplement techniques / pratiques, pour se demander ce qu'on fait de cette informatique. Si on décide de la penser ainsi, de la réaliser ainsi ou ainsi, et quelle autonomie on peut espérer.

Maintenant que j'ai présenté la dissociation entre morale et éthique, donc je résume : éthique, je fais en sorte que ça marche, je fais avec, et donc c'est hypothétique, c'est du « si… alors ». Ethique : si c'est comme ça, alors c'est mieux que tu fasses comme ça. Moral, on n'est pas dans du « si… alors », on est dans ce qu'on appelle l'absolu : « je ne peux pas ne pas », quel que soit le contexte. Même si dans le contexte il n'est pas du tout avantageux que pour ne pas commercialiser, pour ne pas détourner les efforts de tels informaticiens, s'il n'est pas avantageux de faire du Libre, de respecter le copyleft, de respecter la licence GPL, même si ça n'est pas avantageux, « je ne peux pas ne pas ». Ceci m'oblige, ceci m’oblige infiniment.

Je vais me référer à quelques textes. Vous avez ici le gnou. Je pense que je m’adresse à des initiés ? Vous savez que le projet GNU, qui a dépassé les trente ans. Arrêtez-moi tout de suite, si quelqu'un ne sait pas ce que c'est que le projet GNU… Très bien, on est là absolument pour ça. Donc le projet GNU c'est un projet, il faut faire bien attention, qui a justement l'air d'un projet technique pratique, d'un projet qui essaie de résoudre une panne. Puisque, donc, le fondateur du projet GNU, à savoir Richard Stallman, en septembre 1983, fonde. Il travaille au MIT, donc, il travaille. Il a obtenu les diplômes de mathématiques les plus éminents, il est programmeur au MIT, et là, il se trouve qu'une imprimante, une imprimante Xerox, tombe en panne. Quel rapport avec le projet GNU ? Eh bien, c'est tout simple. Il demande à celui qui pourrait lui donner le code, pour réparer et améliorer l'imprimante, de lui donner la possibilité de faire quelque chose, et, celui-là refuse au nom d'un copyright. Parce que c'est le moment - on est au milieu des années 80 - c'est le moment où, alors que jusque-là les recherches en informatique se passaient entre collègues, et où chacun échangeait avec tous et où, lorsque tel programmeur était tout content d'avoir trouvé telle fonction, ou d'avoir implémenté dans ce qu'avait fait l'autre telle nouvelle possibilité, partageait à la communauté ; il n'y avait pas besoin de se demander si on pouvait le faire, contre combien d'argent, s'il fallait renouveler cette acquisition, à quelle condition. D'accord ! Il y avait un patrimoine immatériel de l'humanité qui s’appelle l'échange intellectuel, l'échange collaboratif entre des personnes qui essayaient d'arriver à des lignes de code adéquates. Et là on lui dit non, et comme on lui dit non, que fait-il ? Il décide de démissionner du MIT. Son patron lui dit qu'il peut continuer à occuper le lieu où il dort, qu'il peut continuer à être là. Et simplement, il fédère des programmeurs et il lance le projet GNU, pour que des bonnes volontés se rassemblent, de façon à pouvoir mettre à la disposition de ceux qui le souhaitent des lignes de code, construites par la communauté, et pour ça il faut, évidemment, protéger ce projet GNU. Et donc, très vite, Richard Stallman se donne des dispositifs juridiques, en plus de dispositifs techniques, pour qu'il n'y ait pas de détournement.

Ça s’appelle GNU, c'est un acronyme récursif, alors gnou, c'est le petit animal d'Afrique, c'est GNU 's Not Unix. Ça ne sera pas Unix, ça sera GNU et ces programmeurs se mettent donc à la tâche pour construire des lignes de code, pour construire un noyau qui s'appelle hurd, sauf que la construction de ce noyau est tellement complexe - il faut savoir, qu'à l'époque, il y a très peu d'espace pour concevoir ces lignes de code - ce noyau est tellement complexe qu'à un moment, un certain Linus Torvalds libère son noyau et GNU devient GNU/Linux. Jamais Linux tout seul, toujours GNU/Linux, parce que le travail est bien poussé par la communauté GNU.

J'en viens à l'essentiel de ce que j'ai promis. Je vais essayer de vous montrer comment dès l'annonce du projet GNU, alors, pourquoi je dois écrire GNU.(Ça saute un peu, je ne sais pas si vous pouvez lire quand même.)

À mon sens, et vous allez voir que le lexique utilisé par Richard Stallman est un lexique non pas de l'éthique au sens d'Aristote, mais un lexique du devoir au sens de Rousseau et de Kant. Du devoir, « je ne peux pas ne pas ». Alors je lis avec vous et je commente : « La règle de réciprocité exige que je partage les programmes que j'apprécie avec les personnes qui apprécient ces mêmes programmes. Les éditeurs de logiciels, cherchant à divise pour régner, obtiennent des utilisateurs qu'ils renoncent à tout partage. Je refuse de rompre cette solidarité qui me lie aux autres utilisateurs. Je me sentirais coupable, je me sentirais coupable de signer un accord de non divulgation ou un accord de licence ». Et donc, vous pouvez lire ce texte et tout ce qui suit. Ce qui est assez remarquable, et aussi dans toute la suite du texte, vous avez les « je dois », c'est déjà dans le titre « je dois », ça n'est pas « il est avantageux ». On est bien ici dans une morale, on est bien dans l'exercice d'une autonomie qui, quels que soient les contextes -contextes les plus défavorables, contextes les plus privateurs- va se donner la tâche de faire ceci, nécessairement. On est ici dans du « je dois », dans du « je me sentirais coupable ».

Je vais donner un autre exemple. Copyleft, est-ce que tout le monde, ici, a idée de ce qu'est le copyleft ? Oui? Alors c'est l'envers, si on peut dire, la contraposée du copyright. Copyright, droit d'auteur, copyleft, on traduit par gauche d’auteur, c'est-à-dire que les auteurs, par tel ou tel copyleft, alors c'est vrai que, au début, dans le projet GNU il y a la GPL, il y a la GNU Public License. Copyleft, c'est un terme qui est plus générique, qui désigne les formes juridiques par lesquelles les auteurs, alors- ça peut être les programmeurs, ça peut être des chercheurs, ça peut être des théoriciens, peu importe, des juristes- décident que ce qu'ils produisent sera l'objet d'un partage. Copyleft, alors il y a plusieurs formes de copyleft, souvent des Créatives Commons. Est-ce qu'il faudra citer le nom de l'auteur ? (Note de la conférencière: ceci est toujours le cas en CC). Est-ce qu'il faudra s'interdire de dériver ? Est-ce qu'il faudra respecter à l'identique ? Ce qui est surtout intéressant c'est que copyleft est une forme virale. Au début Richard Stallman utilise ce terme et ensuite il dit plutôt un marcottage. Viral, c'est-à-dire que le copyleft, lorsqu'il est apposé sur des lignes de code, ou sur un texte, ou sur une vidéo, impose que ceux qui en font usage, donc soit tout simplement pour accéder, pour utiliser, pour implémenter, pour distribuer des copies modifiées, ceux-là doivent le faire avec exactement le même copyleft. Vous voyez que ça se diffuse. Si j'utilise un objet qui est sous forme de copyleft, je m’engage à le distribuer, à le partager sous la forme du copyleft.

Ce qui est intéressant ici : idéalisme pragmatique. Pragmatisme, c'est plutôt du côté de l'éthique. Aristote, il est pragmatique, voilà, si l'ennemi est très fort en nombre, si l'ennemi est très joyeux, évite de l'attaquer à ce moment-là, prépare tes arrières. Pragmatisme : attention, chez Richard Stallman, idéalisme d'abord. Idéalisme, après on voit comment on fait. Mais c'est l’idéal, c'est le devoir qui est premier. C'est la nécessité de ne pas abaisser l'autonomie qui est décisive. Pour le reste on voit. Voilà ce que ça donne : « Toute décision prise par une personne découle de ses valeurs et de ses buts dans la vie. Les personnes peuvent avoir beaucoup de buts et des valeurs différentes, la gloire, le profit, l'amour, la survie, l'amusement ou la liberté ne sont qu'une partie des buts qu'une personne normale peut avoir. Quand ce but est une question de principe, ça s'appelle idéalisme. C'est un but idéaliste qui motive mon travail pour le Logiciel Libre, propager la liberté et la coopération ». Vous avez à nouveau le lien qui vous permet de trouver ce texte. Je précise que l'April, dont je fais partie, donc une association pour la Promotion et la Défense du Logiciel Libre, intervient à ce titre, puisqu'il y a une branche de l'April , qui s'appelle Traductions, qui fait en général les traductions des textes de Richard Stallman, qui sont sur le site Philosophie GNU. Là vous avez des traductions.

Un autre texte qui, sûrement, va vous rappeler des questions contemporaines, des questions très cruciales. C'est un article important que Richard Stallman a composé début octobre 1983 (note de transcription 2013), pour commémorer les trente ans du projet GNU, et c’était au lendemain des révélations d'Edward Snowden. Et donc, là vous avez un texte qui s'interroge. Parce que, évidemment les démocraties doivent se protéger. Évidemment il faut que cette protection mette en œuvre certains dispositifs. Et là, vous avez la question du niveau tolérable. Et là, la réponse est « il est intolérable que, même les lanceurs d'alerte, ne puissent plus être des lanceurs d'alerte. Il est intolérable que les lanceurs d'alerte soient inquiétés. ». D'où le critère, que vous trouvez à la fin du texte : « Pour retrouver notre contrôle démocratique sur l’État, nous devons réduire la surveillance jusqu'à un point où les lanceurs d'alerte se sentent en sécurité ». C'est ça le critère, c'est un seuil qui est très difficile à trouver. Vous avez un « nous devons », vous avez toujours ce vocabulaire qui est celui d'une exigence, même si ça commence par une imprimante en panne. L'exigence du Libre ça n'est pas simplement une exigence opérationnelle. Il ne faut pas simplement que ça marche, qu'on puisse accéder au code pour que ça fonctionne. C'est une exigence qui va beaucoup plus loin que l'opérationnel, qui passe par la loi donnée à soi par soi. Nous devons. Si nous sommes citoyens nous "ne pouvons pas ne pas", parce que ne pas le faire, s'en laver les mains, c'est évidemment porter atteinte à la communauté des sujets.

Je vais en venir, ici, à quelques indications, puisque nous sommes dans l'espace francophone. FSF, Free Software Foundation, donc fondée, très tôt, par Richard Stallman, de l'espace anglophone, trouve, pas seulement en France, mais aussi au Canada - nous avons un vice-président, au Canada, qui a assisté, en mars, à Libre Planet, donc, un événement qui est très important pour le monde de l'informatique libre. L'April est donc sur la brèche pour proposer des conférences, des traductions, des transcriptions, des propositions pour protéger sa vie privée, des « April camps », il va y en avoir un bientôt, c'est-à-dire que des gens se réunissent pour évoquer toutes les problématiques du Libre. Pour vous donner envie, ça c'est l'une des dernières réunions de l'April. Vous trouverez notre stand, tout à l'heure, et vous pouvez discuter avec des Apriliens, qui sont nombreux, et j'en vois même dans la salle.

Là, vous avez une réunion qui est à l'April même, de temps en temps on organise des choses qui sont un petit peu festives. Vous allez sur le site de l'April et vous savez quand est la prochaine rencontre. Et vous avez aussi, présent : là c'est le stand de l'April aux dernières RMLL, c'est-à-dire les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre. L'an dernier c’était à Montpellier, là, ça sera à Beauvais. C'est Beauvais, du 4 au 11 juillet. Il va y avoir des conférences de participants qui viennent de très loin, même Richard Stallman fera le déplacement. Vous allez avoir des tables rondes avec des économistes, des juristes, avec des personnes qui sont préoccupées de phénomènes comme ceux des OGM, parce que c'est vrai qu'il y a des problématiques du code accessible qui concernent la question des semences, qui concernent la question, aussi, du copyright et copyleft concernant les semences. Si vous voulez, à la fois, apprendre, goûter, parce qu'il va y avoir un village du Libre. Beauvais, il y a un aéroport international. Beauvais, il y a possibilité, puisque c'est une ville universitaire, d’être logé d'une façon très modique, pour être présent assez longtemps. Je vous recommande tout à fait ce lieu où des travaux aussi bien théoriques que des ateliers seront organisés.

Je me permets, sans vouloir abuser de votre patience, je me permets, en conclusion, et en attendant bien sûr vos questions, je me permets de rapprocher cette démarche très attentive, très préoccupée - il y a de quoi, actuellement, être très préoccupé- je me permets de rapprocher cette démarche de la démarche de celle qui a été celle des philosophes des Lumières. Philosophes des Lumières, qui, au 18è, dans un contexte d'intolérance, dans un contexte de despotisme masqué, puisque les despotes éclairés, en général, se servaient de la philosophie comme alibi : on faisait venir tel philosophe pour montrer qu'on était éclairé, et pendant ce temps-là, le peuple était sous tutelle, et pendant ce temps-là on disait que le peuple n’était pas mûr pour la liberté. C'est donc ce fameux texte de Kant « Qu'est-ce que les Lumières ? », que j'ai indiqué ici. Il y a des passages extrêmement troublants dans « Qu'est-ce que les Lumières ? » de Kant. Je vais simplement vous en lire une phrase parce que c'est très étonnant : « Un homme peut, certes, pour sa personne, et même alors pour quelque temps seulement, ajourner les Lumières, mais y renoncer, que ce soit pour sa personne, plus encore pour ses descendants, c'est attenter aux droits sacrés de l’humanité et les fouler aux pieds ». Il se trouve que Kant est l'inventeur de la notion de crime contre l'humanité. Il appelle crime contre l’humanité cette manière de procéder des gouvernants qui décident que, non, l'éducation c'est de trop, en plus ça risque de rendre le peuple indiscipliné ; qu'il est préférable de ne pas trop faire penser ; il est préférable qu'il n'ait pas trop de repères aussi bien arithmétiques que orthographiques, pour le tenir en lisière, pour le tenir en tutelle. Et donc, il y a une analogie extrêmement forte entre l'envie d'émancipation des Lumières et ce dispositif qui s'appelle le projet GNU, qui s'appelle l'informatique libre, qui essaie de faire en sorte, de montrer que, non, vous n’êtes pas stupide, non, si vous n'arrivez pas à remédier ce problème sur votre ordinateur c'est que, peut-être, les outils sont verrouillés, peut-être qu'il y a aussi dans les musiques des DRM, dans les livres électroniques. Et donc, vous avez une démarche d'émancipation extrêmement forte qui est proposée.

Je vais rapprocher ces Lumières de leur source. Là c'est l'Homme de Vitruve, cette fois-ci de Léonard de Vinci et pas de Raphaël. L'humanisme a essayé, à des moments intellectuels très décisifs, où on a essayé de concevoir une autre place de l’être humain dans le monde, les humanistes ont essayé de penser la centralité de la personne humaine. Et là, vous avez l'homme de Vitruve, comme si c'était le sujet qui devenait absolument décisif. Et je pense que c'est aussi la place de l’être humain dans l'informatique libre : non pas être tenu comme un moyen, comme un objet, mais être respecté comme une fin, comme un but.

Vous avez, et là j'ai dit que je dirai un mot de « L'existentialisme est un humanisme », de Sartre, vous avez, assez souvent, dans les textes de Richard Stallman, des références à l'existence, en quoi l'existence est, bien sûr, affectée par tout ce qui arrive à l'informatique, parce que l’informatique touche à la vie même. Pourquoi ce rapprochement avec Sartre ? Parce que, chez Sartre, une perspective qui est que l’être humain est absolument responsable de ce qu'il fait, de ce qu'il veut, de même que dans l'informatique libre on suggère que l’être humain doit décider de faire son informatique absolument comme il veut. Pourquoi ? Parce que c'est lui qui va se donner, à lui-même, le devoir de ne pas faire cette informatique d'une façon confiscatoire, mais de la rendre à la communauté des autres comme un outil à diffuser, à compléter, à redistribuer.

Ce dernier texte, de Richard Stallman, est un texte que moi -qui vais fêter mes quarante ans de philosophie - je trouve existentialiste, extrêmement proche de certains textes de Sartre : « La vie sans liberté est une oppression et cela s'applique à l’informatique comme à tout autre activité de nos vies quotidiennes ». C'est-à-dire que, ici, on est dans une proposition qui est extrêmement cruciale. Nous sommes à la croisée des chemins. Il se passe des choses dans l'informatique, il se passe des choses. Vous savez qu'il y a actuellement des négations qui ne s'appellent plus TAFTA, on a eu peur que le rapprochement soit fait avec ACTA, par exemple, qui a été rejeté par l'Europe. Nous sommes dans des négociations de partenariat, de copyright, de droits d'auteur, de droit moral, de produits, est-ce qu'on va aligner tous les produits ? Est-ce qu'on va en rajouter encore dans la protection du droit d'auteur ? Est-ce qu'on va encore en rajouter dans les soixante-dix ans qui font qu'une œuvre de l'esprit n'est pas disponible sans condition ? Et donc, je retiens de cette proposition du Libre que, non seulement l'informatique est concernée, il ne faut pas être nécessairement informaticien, il y a d'autres, que les informaticiens qui sont invités à réfléchir à la question du Libre, parce que c'est l'autonomie, elle-même, qui vise à être protégée par ces démarches préoccupées, qui sont celles, non seulement de Richard Stallman, mais de la communauté qu'il a constituée, aussi bien dans l'espace anglophone que francophone.

Je remercie de votre attention et je suis ouverte à vos questions, bien sûr.

Applaudissements

Public : En fait, au début, j'ai compris tout ce qui est autour du fait que c'est une morale, vu qu'il dit « on doit, on doit, doit ». Mais il y a aussi l’idée que, si on ne fait pas ça, on perd notre liberté, quelque part. Donc c'est aussi une sorte d'éthique, je trouve personnellement.

Véronique : Je vais répondre de deux manières, vous me dites si ça va ou si je dois le dire autrement. Si vous dites « on perd notre liberté », vous supposez qu'on en dispose dès le départ, or la liberté n'est pas naturelle, sinon on serait libre comme on respire, c'est-à-dire qu’on ne le serait pas. Oui ?

Public : Inaudible.

Véronique : L'idée de l’éthique, c'est je vais essayer de me faire plaisir sans me faire trop de mal. En gros, les Épicuriens, oui, voilà, je peux jouir de la vie, sauf que, si j'en jouis trop, je vais être dans le dégoût et donc je vais m’arrêter avant. C'est ça l'éthique : il faut que ça marche, il ne faut pas que je me fasse du mal. Par contre la morale, là il y a une question qui est beaucoup plus fondamentale qui est « est-ce que je vais considérer que je n'y suis pour rien ? Est-ce que je vais me contenter de manières d'exister tout à fait indifférentes à ce qui arrive à l'autre ? Ou est-ce que je vais me donner cette loi d'essayer de ne pas abaisser, ni l'autre, ni moi-même, dans ce que je fais? C'est ça la question qui est complètement différente. Si vous voulez, la question éthique c'est « quelle part, quel seuil pour optimiser ? ». On essaye d'arriver à une solution la meilleure possible du point de vue de l’efficacité : qu'est-ce que ça me rapporte ? C'est ça, c'est : qu'est-ce que ça me rapporte ? Qu'est-ce que ça me coûte, et qu’est-ce que ça me rapporte ? Alors que si vous êtes dans une démarche morale qui est celle des Lumières, qui est celle des existentialismes humanistes, et je pense que c'est celle du Libre, vraiment. Là on n'est pas dans « qu'est-ce que ça me coûte ? Qu'est-ce que je vais devoir subir pour gagner tant ? ». Là on est dans la question « est-ce que je peux encore me regarder dans la glace le matin si j'agis simplement en suivant mes intérêts particuliers ? ». Et là je crois que c'est une question qui est différente. Oui ?

Public : Inaudible.

Véronique : Voilà. Autonomie ça veut dire loi donnée à soi par soi. Tout à fait. Alors que la prudence c'est « qu'est-ce qu'il vaut mieux que je fasse ? », ce qui n'a rien à voir. D'accord ? Si c'est « qu'est-ce qu'il vaut mieux que je fasse c'est lié à telle condition ou telle condition, si c'est « je dois », ça veut dire que même dans des conditions extrêmes, où les lanceurs d'alerte sont inquiétés, même dans des conditions extrêmes où ce qui règne c'est l’intérêt particulier, je vais quand même tenter le coup. D'une certaine façon, quand Richard Stallman a lancé son projet GNU, on ne va pas dire que la situation était gravissime et désespérée, mais, en tout cas, il y avait quand même une montée en puissance des labellisations, des copyrights et des dispositifs de verrouillage. Et là, on s'en moque, on y va quand même. Ce n'est pas « qu'est-ce que je vais y gagner ?».

Public : Inaudible.

Véronique : Alors, oui, et justement, du coup, on est dans un autre registre, parce que si c'est l'autonomie qui est en jeu, l'autonomie peut-être qu'elle va m'amener, peut-être que pour agir moralement et garder mon autonomie, je vais être amené à faire des choses qui sont désavantageuses pour moi. C'est compliqué, en fait, d’être autonome et d’être moral. Oui ? .

Public : Ma question, en fait, c’était à savoir, puisque je me suis documenté, on va dire, sur Richard Stallman ainsi que tous ceux qui ont contribué à développer, eh bien justement, on va dire, le premier logiciel libre, c'est-à-dire GNU/Linux, c'est-à-dire le logiciel ainsi que son noyau. En fait, moi, ce que j'entends par la liberté, ce que j'ai pu comprendre, c'est quatre fondamentaux.

Véronique : Oui, c'est ça, les quatre libertés.

Public : Je vais venir à ma question. Quelque part, moi ce que j'entends par ça, quatre fondamentaux, parce que la liberté en soi, comme ça, elle n'est pas très évidente à comprendre, la liberté, simplement en soi, parce qu'elle peut prendre n'importe quelle direction qui peut nous amener, justement, à vraiment ne plus pouvoir aller vers cette liberté, à la perdre même. Ma question, en fait, c'est vous avez fait le rapprochement avec les Lumières, avec Sartre, mais, à la base, le Libre n'était-il pas question, en fait, au début de contre-culture, surtout avec le mouvement hippie, rasta ou autre.

Véronique : Là vous faites le lien avec d'autres formes culturelles émergentes, c’était un peu avant. Et donc vous y voyez une filiation, en tout cas.

Public : Oui. C'est-à-dire que, en fait, les premiers informaticiens qui ont mis u point déjà la micro-informatique, selon ma documentation, étaient des gens issus de la contre-culture qui, au début avaient cette notion, justement, de liberté, ils n'avaient pas encore mis au point les quatre fondamentaux comme l'a mis Stallman.

Véronique : Les quatre libertés, oui.

Public : Mais ils avaient quand même une certaine notion de la liberté, à peu près comme le voyait Stallman, peut-être pas aussi complet, mais ils avaient une notion de liberté, de partage, ils se disaient que ce qu'ils apportaient au monde, ce serait une grande contribution. Mais après ils ont retourné leur veste. D'où, je pense que Stallman a pu, par la suite, dire « bon voilà, si vous voulez que je vous définisse la liberté de la culture d'où je viens qui est une contre-culture, quatre libertés fondamentales ».

Véronique : On est bien d'accord. Il y a une dimension qui est protestataire, Il y a bien une dimension qui est idéaliste, comme le mouvement auquel vous faites référence, idéalisme pragmatique, mais il y a, en même temps le grand soin avec lequel projet GNU se dote d'outils, parce que sinon ça ne va pas être tenable. Se dote d'outils pour qu'il y ait, donc, la GPL, pour qu'il y ait des forces qui sont fédérées, de façon à ce que ça soit viable. Il y a ces deux dimensions. Il y a à la fois un idéalisme, là je vous rejoins tout à fait, et donc vous supposez, et vous avez raison, qu'on pourrait faire des analogies pas seulement avec la philosophie des Lumières, l'existentialisme, mais avec d'autres formes. Moi je pense, alors pour aller tout à fait dans votre sens, qu'il y a un rapport également très profond, dans son œuvre américaine, entre la philosophie GNU et la démarche, par exemple, de Hannah Arendt. Hannah Arendt qui rappelle qu'un être humain n'est pas simplement un animal qui travaille mais un animal qui crée.

Je vous remercie. Nous pouvons continuer cette conversation sur le stand de l'April et pas seulement sur le stand de l'April, d’ailleurs, sur le stand de Oisux qui prépare les RMLL, de la Quadrature. Et en tout cas je vous remercie de votre attention.

Applaudissements.

Vote du rapport Reda : réparons le droit d'auteur !

12 Juin, 2015 - 14:44

Le mardi 16 juin 2015, la Commission des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen doit voter sur les amendements déposés sur le rapport Reda, portant sur l’adaptation de la directive sur le droit d’auteur. Ce rapport est un premier pas important pour le rééquilibrage des règles européennes en matière de droit d'auteur, notamment en ce qui concerne les DRM et l'interopérabilité.

Ce rapport a malheureusement subi le feu des critiques et un déluge d'amendements a été déposé afin de le vider de toute portée.

Concernant les DRM notamment, le rapport ne propose pas leur suppression, mais de mettre en place un droit à l'interopérabilité afin de s'assurer que chacun puisse lire le contenu. Mais, de très nombreux amendements ont été déposés pour supprimer ce paragraphe du texte.

L'April appelle à la mobilisation pour contacter, par courriel ou téléphone, les membres de la commission JURI pour les informer des problèmes posés par les DRM et leur demander de rejeter les amendements de suppression du paragraphe 24 du rapport Reda ainsi que ceux qui l'affaiblissent ou le vident de sa substance1.

N'hésitez pas à utiliser le piphone de nos amis de La Quadrature du Net et à consulter le site copywrongs.eu.

  • 1. Les amendements 539 à 548 visent à purement supprimer le paragraphe 24, tandis que le 549 affirme le droit aux DRM. Vous pouvez également, de manière plus générale, les encourager à adopter le rapport dans sa forme actuelle, car la plupart des amendements cherchent à diluer les mesures qu'il propose. La liste complète des amendements est disponible sur le site du Parlement européen.

Libre - Interopérabilité - Bilan de mandat de Jean-Marie Chosson

12 Juin, 2015 - 14:02


Présentation

Titre : A titre personnel, que retirez-vous de votre mandat ?
Intervenant : Jean-Marie Chosson
Lieu : Région Rhône-Alpes
Date : Juin 2015
Durée : 02 min 13
Lien vers la vidéo

Transcription

Jean-Marie Chosson : Pendant ce mandat, je me suis, au nom du groupe et au sein de la majorité, préoccupé de la question des logiciels libres et de l’interopérabilité en informatique.

Pour nous, certains, en politique, ont souvent tendance à mettre en œuvre le principe de « faites ce que je dis, pas ce que je fais », et puis de promouvoir, donc, des choses qui ne sont pas forcément en cohérence avec ce qu'ils font eux. Nous, au sein d'EELV, on est vraiment promoteurs du contraire, c'est-à-dire que, par rapport aux outils logiciels qui sont utilisés par la collectivité rhône-alpine, eh bien effectivement nous, nous pensons que c'est important de mettre un peu éthique dans tout ça.

C'est pour ça que dans ce mandat je me suis attaché à faire la promotion des logiciels libres puisque nous considérons, que c'est vraiment un bien commun logiciel dont on doit s’emparer et en faire un usage important dans les collectivités.

Actuellement, donc, nous sommes arrivés, suite à la délibération 2014, février 2014, finalement aujourd'hui, l'ensemble des postes de la Région, donc utilisés par plus de 2000 agents régionaux, l'ensemble de ces postes, maintenant, est équipé de la suite LibreOffice. Donc, c'est quelque chose de très important. Il faut aller plus loin, évidemment, parce que les logiciels libres c'est aussi le système d'exploitation, ce sont aussi les logiciels métiers utilisés par la collectivité locale ; ce n'est pas que la suite bureautique, mais c'est un pas important, sachant qu'à l'automne, ou à l'hiver prochain, est prévue la désinstallation de la suite Microsoft Office, sur l’ensemble de ces postes, en donnant un temps d'adaptation des agents sur ce point-là.

Effectivement deux aspects. L'interopérabilité c'est quoi ? C'est effectivement la promotion de l'usage des formats ouverts de fichiers, pour une meilleure relation avec les citoyens et la promotion des logiciels libres.

On a commencé au sein de la Région. Maintenant, le second plan, le second point, ça va être, effectivement, de faire la promotion de ces logiciels libres sur l’ensemble de la région, auprès des partenaires, donc associatifs, le monde de l'entreprise, c'est très important, mais aussi les collectivités locales, les lycées aussi, parce que les lycées, les lycéens c'est une compétence importance de la région, sans oublier, évidemment, le grand public.

Donc ça, ça sera l'objet d'un mandat futur par exemple.

Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (Beauvais, juillet 2015)

12 Juin, 2015 - 10:33
Début: 4 Juillet 2015 - 00:00Fin: 10 Juillet 2015 - 00:00

Les Rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL) sont un cycle non commercial de conférences, tables rondes et ateliers pratiques autour du Logiciel Libre et de ses usages. L’objectif est de fournir un lieu d’échange entre utilisateurs, développeurs et acteurs du Logiciel Libre.

L’accès aux RMLL est gratuit et ouvert à toutes et à tous. Les RMLL sont organisées cette année à Beauvais du 4 au 10 juillet 2015.

L'April tiendra un stand et donnera des conférences. Si vous avez des disponibilités, vous pouvez venir nous aider à tenir le stand quelques heures, merci de vous inscrire sur le wiki.

Pour toutes les informations pratiques et pour vous inscrire, rendez-vous sur le site de l'événement

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